Des banques dans la tourmente

Après une année 2001 en chute libre, les grandes banques d’investissement américaines devraient à nouveau voir leurs résultats du premier trimestre 2002 accuser une baisse, de 27 % en moyenne, par rapport au premier trimestre 2001.
Ainsi, Goldman Sachs devrait, selon les analystes, enregistrer une baisse de ses revenus de 36 %. Pourtant, la banque a gagné des parts de marché, notamment dans les fusions et acquisitions réalisées au premier trimestre, puisqu’elle se retrouve à la première place du classement américain effectué par Bloomberg, contre la troisième place au trimestre précédent.
Parallèlement, Lehman Brothers et Bear Stearns ne devraient pas faire mieux, puisque les analystes tablent sur des revenus en chute respectivement de 32 % et 13 %. Quant à Morgan Stanley, elle pourrait enregistrer une baisse de 27%. Les analystes ne se sont pas encore prononcés sur les performances de Merrill Lynch, particulièrement affecté en 2001, et qui ne rendra publics ses résultats qu’aux alentours du 18 avril.
C’est sans conteste une année qui débute mal pour le secteur bancaire Américain. « Nous n’avons pas un problème de revenus mais de coûts », déclarait John Mack, le directeur général de Credit Suisse First Boston, à l’occasion de la publication des résultats du groupe Crédit Suisse. Une affirmation rapidement suivie d’effets puisque CSFB devrait procéder à la suppression d’au moins 1250 postes au cours de l’année 2002 a indiqué lundi Financial News.
La plupart des banques pourraient suivre cette voie. En effet, les réductions d’effectifs décidées par l’ensemble des banques d’investissement l’an dernier et qui portaient sur quelque 30000 emplois, n’ont pas porté les fruits escomptés, en tout cas pas en matière de revenus sur les trois premiers mois de 2002. Car le coeur du problème réside dans le poids du coefficient d’exploitation, qui mesure le rapport entre les charges d’exploitation et le produit net bancaire (PNB) d’un établissement. Les banques américaines affichent généralement des ratios supérieurs à ceux de leurs homologues européennes.
Par ailleurs, les dirigeants des banques entendaient pourtant profiter du redémarrage de l’économie américaine au premier trimestre, pour tourner la page de l’année 2001. Mais les baisses plus importantes que prévues des différentes entreprises ont donc sérieusement entamé le niveau des revenus des banques d’affaires américaines, de même que leur confiance. Ces dernières ne semblent plus attendre un rebond avant le second semestre.

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