Des canons sans force de frappe

Le «patron» a-t-il tout le temps raison ? Forcément non. Il est avant tout un être humain et, en tant que tel, il est enclin à se tromper ou à prendre des décisions hasardeuses. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il s’entoure de différentes compétences censées constituer une force de suggestion non-négligeable et dont il attend forcément un minimum de coopération.
Seulement voilà, pour plaire au patron, certains collaborateurs n’hésitent pas à cautionner tous ses choix et toutes ses décisions, sachant pertinemment qu’il peut se tromper sur toute la ligne. Leur argument : il ne faut pas contrarier le « Chef » pour ne pas lui déplaire. Une attitude négative, pas forcément appréciée par l’employeur. Flatter l’égo de ce dernier n’a jamais été une solution pour se frayer un chemin, encore moins pour être apprécié. Au contraire, il faut se positionner en tant qu’aide de camps dynamique et affairé.
«Adopter une attitude passive, dénote du manque de compétence du salarié qui se place automatiquement en position de faiblesse», assure Omar Oukrid, responsable du programme d’aide aux associations professionnelles relevant de la CGEM. Pour ce dernier, il est beaucoup plus intéressant et valorisant de maîtriser ses dossiers et de les défendre, arguments à l’appui. C’est le cas particulièrement des cadres qui assument une responsabilité et qui doivent normalement être tenus de résultats. «Cela dénote de la personnalité du salarié et aussi de son degré d’implication dans le développement de l’entreprise», souligne M. Oukrid. Il est donc inutile d’avoir un air affairé en permanence ou de donner l’impression de traiter mille dossiers à la fois. Il est plus intéressant de jouer l’aide de camps, très organisé en développant continuellement des idées intéressantes.
Par ailleurs, soyez un vrai père pour les nouveaux : l’accueil des nouvelles recrues est toujours un souci pour le chef. La ponctualité est aussi un atout majeur.
Le temps, c’est de l’argent. Capitaliser son utilisation peut être un atout majeur. Autre trait à développer, affichez toujours un sourire positif. Si vous avez des problèmes gardez les pour vous. Votre patron a déjà assez à faire avec les siens.
La polyvalence est aussi un trait très apprécié. Aussi, il ne faut pas hésiter à proposer ses idées et son aide dans la limite du possible. Pour les personnes qui assistent le patron, le comportement à adopter est tout autre. Dans ce cas, il n’y a pas de mal à s’assimiler à lui.
Quoi qu’il en soit, il y a des comportements qui ne sont pas toujours valorisants, mais qui permettent de «damer» ses pions au sein de l’entreprise. Certains salariés n’hésitent pas à user de toute leur ingéniosité pour arriver à leurs fins dans ce sens. Pour eux, le plus important, c’est d’être apprécié par le «boss». Quid de la compétence. Ces derniers font, par exemple, en sorte de calquer leurs horaires de travail sur ceux du patron, dans l’espoir de le croiser dans l’ascenseur ou dans le parking, question d’échanger quelques mots.
Ils adaptent leurs goûts aux siens et lisent même ses journaux pour développer des points communs de discussion. Il est, par ailleurs, inutile de couvrir le patron d’éloges. Personne n’est dupe de ce genre de comportement. En sommes, pour acquérir ses titres de noblesse au sein d’une entreprise, il ne suffit pas d’être un canon sans force de frappe, mais « la » force de frappe de l’entreprise.

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