Des entrepreneurs en conclave

«Le CJD a la conviction que l’économie n’a de sens que si elle est au service des femmes et des hommes, ainsi le métier du dirigeant consiste à réussir la nécessaire conciliation entre la performance économique et la réussite sociale et humaine. Sans la première, l’entreprise cesse d’exister. Sans la seconde, elle perd son sens et sa légitimité » affirme Jamal Belaharch, président sortant du CJD qui passera le relais à son successeur élu Khalid Karraz pour la période 2003-2005. D’ailleurs, le CJD, contrairement aux autres organisations, mouvements ou syndicats, a déjà innové par cette attitude. Le président est élu pour un mandat de deux ans non renouvelables. Le successeur est connu six mois avant la fin du mandat du président en exercice. Le programme des débats programmés délimitera la vision globale du métier de dirigeant, désormais au centre du développement de son entreprise et ses équipes. « Nous nous interrogerons sur la mission ainsi que sur le rôle d’un dirigeant qu’il soit créateur ou repreneur. Aussi, le modèle social et sa nécessaire mise à niveau sont à traiter » déclare Zineb Benabdejlil, directrice de l’organisation du premier congrès CJD.
Autant de questions pour aborder la performance globale de l’entreprise sur son marché naturel mais aussi pour enseigner sur les performances d’ailleurs. « Le contexte de notre économie devient de plus en plus complexe et en particulier depuis l’ouverture vers l’extérieur. L’entreprise est désormais sans frontières» précise Zineb Benabdejlil.
Ainsi, l’un des thèmes sujets au débat portera sur le dirigeant : un métier ou un legs? ? Qu’il soit repreneur ou dirigeant de l’entreprise, éclaircir cette question s’impose car « diriger une entreprise aujourd’hui demande une certaine compréhension des enjeux et du contexte», ajoute le président du CJD. Prendront part à ce débat des personnalités de marque dont l’invité d’honneur est Claude Bébéar, président de l’IMS plutôt connu comme faiseur de l’assureur français AXA. Les autres invités du débat, Saida Lamrani, Hassan Chami, Brahim Zniber, Moustapha Amhal et bien d’autres.
Un autre débat traitera de la nature du modèle social que les dirigeants peuvent proposer à leurs salariés pour davantage de productivité. « Il nous faut bâtir un système où le travail retrouve sa place et le salarié une dignité avec un statut qui soit cohérent sans nuire à la compétitivité de l’entreprise », précise Jamal Belaharch. Le troisième débat programmé sera axé sur la responsabilité sociale de l’entreprise ; un mode ou une nécessité. Pour l’histoire, le CJD est à l’origine de l’introduction de ce concept au Maroc en avril 2001. L’intérêt est d’attirer l’attention sur la responsabilité engagée dans les actions à mener à l’intérieur comme à l’extérieur de l’entreprise. La course à la profitabilité a totalement fait oublier aux dirigeants leur responsabilité. « En tant que dirigeant, nous devons savoir concilier notre performance économique, sociale et sociétale. Des shareholders aux stakeholders, nous devons construire ce pont d’accès à travers une dynamique plus responsable », commente Zineb Benabdejlil.
Les travaux des commissions sont prévus pour la journée du 14 juin. Ils traiteront de l’entreprise motrice du progrès social, de la performance globale et l’innovation ainsi que de l’éducation-entreprise : un pari gagnant. Quant au CJD Euromed, cette deuxième rencontre sera présidée par l’ancien président du CJD, France. Les expériences française, tunisiennes et marocaine seront ainsi partagées. Il est aussi prévu de signer une convention de jumelage entre les sections de Casablanca et Paris. À l’issue, les organisateurs tablent sur l’adoption d’un manifeste pour bien entreprendre.
L’une des initiatives louables du programme, est l’association de jeunes à cette manifestation. Le contact avec les patrons des jeunes étudiants ou déjà présents sur le marché du travail est de nature à susciter des vocations.
Le CID entend jouer pleinement son rôle de mouvement de réflexion et « d’agitateur d’idées» livrées clefs en main sans aucun droit d’auteur. D’ailleurs, l’accord social récemment signé s’est largement inspiré des propositions CJD. Le mouvement ne se veut surtout pas un mouvement de substitution à aucune action patronale. «Nous ne sommes pas à la recherche de paternité, mais nous œuvrons pour la démocratie économique», a conclu Jamal Belaharch

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