Des idées pour stimuler le marché du thé

Tout comme pour d’autres produits tropicaux, on observe sur le marché mondial du thé une tendance à l’accroissement de l’offre qui dépasse l’augmentation de la demande, entraînant la déprime des prix et la baisse des revenus des producteurs dans les pays en développement.
Vu l’inefficacité des différentes tentatives de maîtriser l’offre au cours des dernières années, les experts du marché du thé viennent de porter leur attention sur la demande, notamment sur la manière de la stimuler dans les pays producteurs où la consommation de thé par habitant est encore bien faible, selon un rapport de la FAO préparé pour la réunion du Groupe intergouvernemental pour le thé qui se tient jusqu’au 16 mai 2008 à Hangzhou (Chine). La production mondiale de thé a continué à progresser en 2006 à un taux de plus de 3 % pour s’établir à 3,6 millions de tonnes environ. Cette croissance était principalement due à des récoltes record en Chine, au Viet Nam et en Inde. Les tout derniers chiffres donnent la production mondiale de thé noir à 2,5 millions de tonnes contre 968 000 tonnes pour le thé vert. Les projections de la FAO à l’horizon 2017 indiquent que la production mondiale de thé vert se développera beaucoup plus rapidement que celle du thé noir, 4,5% contre 1,9 % par an.
Ces projections reflètent la croissance en Chine où le programme d’expansion de la production (réhabilitation, nouvelles plantations, reconversions) devrait se poursuivre jusqu’en 2017. En 2006, le niveau de la consommation mondiale de thé était quasiment égal à la production. Mais son taux de croissance était seulement de 1 %, un ralentissement par rapport aux 2,7% de croissance en moyenne annuelle au cours de la dernière décennie.
La consommation par habitant dans les principaux pays producteurs de thé ne démarre pas malgré leur forte croissance économique. Les Russes consomment 1,26 kg par an et par personne et les Anglais 2,2 kg alors qu’en Inde la consommation est de 0,65 kg par an et par personne et 0,53 kg en Chine. Le rapport considère qu’il existe un potentiel immédiat d’augmentation de la consommation dans les pays producteurs à forte croissance économique et faible consommation de thé par habitant. Pour cela, il conviendrait d’améliorer notablement la qualité du thé. «L’augmentation de la consommation dans les pays producteurs pourrait atténuer la pression sur l’offre au niveau mondial et améliorer les prix du thé sur le long terme», selon le rapport de la FAO. Bien que la qualité du thé soit une question complexe, l’imposition de normes de qualité minimum pour le thé échangé au niveau international suscite un intérêt croissant. Une meilleure qualité devrait doper la demande tout en réduisant le commerce du thé de faible qualité, ce qui réduirait le problème de la surabondance de l’offre sur le marché mondial du thé, selon le rapport. La difficulté est de se mettre d’accord sur des normes de qualité acceptables au niveau international. Le jugement sur la qualité du thé, l’évaluation de ses caractéristiques et sa valeur est généralement émis par des goûteurs de thé qui fondent habituellement leur jugement sur des exigences particulières. Toutefois, de telles exigences peuvent refléter des goûts différents selon les pays et les consommateurs.
Les difficultés pour définir des qualités de référence sont accrues par le large éventail des zones productrices utilisant différentes techniques de culture, de cueillette et de fabrication ainsi que par des conditions climatiques différentes.

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