Des ménages et des dépenses

Dans son édition du mois de décembre de l’année passée, le Centre marocain de conjoncture livre une étude sur les dépenses des ménages. Elle repose sur l’étude menée par la direction de la statistique «consommation, dépenses et niveaux de vie des ménages », au cours de ces 13 dernières années.
L’accélération en matière de croissance du nombre de ménages est édifiante. De plus en plus de personnes se mettent en ménages. Et les chiffres illustrent cette donnée. Ainsi, de 1995 à 2000, la moyenne annuelle est de 128 000 ménages, alors que par rapport à la tranche comprise entre 1982 et 1994, elle a augmenté de 42000 ménages. Les projections sur la période comprise en 2005 et 2010 prévoient 168000 ménages par an. Les explications reposent sur des indicateurs démographiques. En effet, la population adulte âgée de plus de 30 ans constitue la marge la plus importante des chefs de ménages. L’étude avance également que le nombre de ménages urbains atteindrait 4,722 millions en 2010, soit une multiplication par 1,8 en 15 ans. La répercussion se fera sentir sur la demande et la consommation des biens et services.
Le même support précise que l’étude de la structure des dépenses, et du comportement des ménages en matière de consommation, recourt généralement à une hiérarchisation du budget des ménages en postes de dépenses. Premier constat : les dépenses consacrées à l’alimentation diminue au fur et à mesure que le niveau de la dépense totale des ménages augmente. Le changement du modèle de consommation est particulièrement notable en monde rural. Le niveau de vie de cette population a augmenté de 14,6% en 1958 à 20,1% en 1991 et 1998. Par rapport au poste de l’alimentation, il absorbe un peu moins de la moitié du budget des ménages. Sa part est passée de 48,6% en 1985, à 45,6% en 1991, puis à 43,1% en 1998, alors qu’il était de 70% en 1959 et de 54% en 1970.
Toutefois, les dépenses annuelles par personnes se sont multipliées par 7 entre 1970 et 1998. En clair, c’est dans la zone urbaines qui a connu la réduction du budget alloué à l’alimentation. Encore plus, l’étude révèle que, lorsque les ressources deviennent plus importantes, le ménage consomme plus de produits de luxe et investit dans l’acquisition de la propriété. Par contre, cette catégorie n’augmente pas ses dépenses en matière d’alimentation.
Les frais d’habitation et les dépenses en énergie se sont maintenus entre 1985 et 1998. Pour le reste des dépenses notamment les biens d’équipement ménagers ne représentent plus que 3,9% en 1998, contre 5% en 1985. Les postes d’hygiène, de transport et d’enseignement se sont accrus entre 1985 et 1998. Les conclusions émises par le Centre Marocain de Conjoncture restent alarmantes. « Les données générées par ce dispositif révèlent que le Maroc, n’a pas été en mesure de rattraper les pays de niveau comparable ».

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