Des robots pour scruter la Bourse

A Montpellier, un informaticien et un ancien banquier ont mis au point un logiciel qui permet d’enregistrer les transactions quotidiennes sur les actions à la Bourse de Paris et de détecter les opérations suspectes, afin de fournir des conseils aux petits porteurs. La société Botraiders qui participera cette année au concours de l’innovation, est en cours de constitution. Ses deux fondateurs, Yann Finck et Xavier Bouteiller, 29 ans, qui se sont rencontrés lors de leurs études à Toulouse, y travaillent à plein temps depuis novembre 2007.
La finalité de l’entreprise est de faire en sorte que les petits porteurs – qui manquent de visibilité sur le marché des actions – aient en toute circonstance accès aux mêmes informations que celles dont disposent les professionnels de la Bourse, explique Yann Finck, ingénieur informatique. Lorsqu’un évènement est connu -lancement d’une OPA, annonce de pertes ou de bénéfices, recentrage des activités…-, tous les investisseurs disposent des éléments pour gérer leur portefeuille. Mais parfois une information n’est disponible que pour un cercle limité d’individus: c’est là que les robots Botraiders entrent en jeu. «Ils vont détecter les mouvements sur une action boursière et on va ainsi savoir qu’il se passe quelque chose», explique Yann Finck. Ce sont ces mouvements «anormaux» qui intéressent particulièrement les deux associés «car ce sont sur ces mouvements qu’on gagne ou qu’on perd beaucoup d’argent», commente l’informaticien. «Ceux qui gagnent beaucoup, dit-il, ce sont les initiés. Ceux qui perdent beaucoup, ce sont généralement les petits porteurs» qui n’ont accès à une information que bien après un évènement. Les autres sites de Bourse, poursuit Yann Finck, fondent leurs conseils sur l’analyse financière d’un titre, analyse macroéconomique ou technique réalisée par leurs spécialistes. «Nous – et c’est que qui fait la particularité de Botraiders-, nos recommandations – garder les actions, vendre, prendre position, rester en dehors- sont livrées par des robots, sur la base d’un modèle mathématique qui détecte les mouvements sur un titre, en particulier les mouvements anormaux, lesquels débouchent parfois sur des délits d’initiés». Ces recommandations sont par la suite commentées par Xavier Bouteiller, ancien banquier. «On avait détecté un mouvement bizarre sur le titre EADS trois mois avant que l’entreprise n’annonce le retard sur la livraison des A380», assure Yann Finck.
Autre exemple: «le 9 janvier, dit-il, le robot a recommandé la vente du titre Société Générale. Il y a eu des mouvements sur le titre pour 85 millions d’euros, ce qu’on n’a appris que le 24 janvier lorsqu’une plainte a été déposée». Ce montant correspondait, selon l’Autorité des marchés financiers, à la vente des titres d’un membre du conseil d’administration de la banque. Le site, qui reçoit quelque 400 visites quotidiennes, n’intéresse pas seulement les petits porteurs. Des traders ou des sociétés de gestion de patrimoine, françaises ou étrangères, le consultent aussi, assure Xavier Bouteiller. «C’est une source d’information complémentaire à leurs propres analyses fiancières», dit-il. D’ici 15 jours, les robots de Botraiders passeront à la moulinette les 250 titres de la place parisienne, contre 65 actuellement, avant de s’attaquer aux places européennes puis à New York, Singapour, Hong-Kong… D’ici là, le site Botraiders.com sera devenu payant.

• Hervé Gavard AFP

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