Désaccord de L’Eurogroupe avec les USA sur les changes

Les ministres des Finances euro ont estimé que les « fluctuations récentes de l’euro n’étaient pas les bienvenues » et que la volatilité excessive des taux de change est indésirable », selon le ministre néerlandais des Finances, Gerrit Zalm, dont le pays préside l’UE. Les grands argentiers « n’ont rien demandé à la Banque centrale européenne sur ce point », a indiqué M. Zalm en réponse à une question sur une éventuelle intervention de la banque sur les marchés de changes.
De fait, les ministres avaient fait leur deuil d’une intervention concertée avec les Etats-Unis en faveur du billet vert après les déclarations du secrétaire américain au Trésor, John Snow, qui a affirmé lundi que « la valeur » des devises devait être « déterminée sur un marché ouvert et concurrentiel ». Alors que l’administration américaine a renvoyé l’Europe à ses propres responsabilités dans une croissance trop faible, les Européens ont de nouveau appelé les Américains à réduire leurs déficits records (budgétaire et des comptes courant) pour enrayer la chute du dollar.
« C’est le dollar qui baisse fortement, par rapport à l’euro mais aussi au dollar canadien, au franc suisse et au yen. Ces évolutions sont liées à l’accumulation des déficits chez nos amis américains », a affirmé le ministre français, Nicolas Sarkozy. « La politique américaine en faveur d’un dollar fort serait utile pour empêcher les mouvements brutaux des taux de changes », a souligné M. Zalm. Les grands argentiers craignent que le niveau de l’euro, qui atteignait le record de 1,30 dollar lundi, ne pénalise une croissance économique, déjà fragilisée par la hausse du pétrole. Sur ce point, les ministres se sont engagés à mener des politiques « coordonnées » en réaction à l’envolée des prix du pétrole, tout en autorisant des mesures nationales en faveur des catégories les plus pauvres.
Les ministres s’accordent sur le fait que « lorsque des mesures ciblées à court terme sont prises pour atténuer l’impact des prix plus élevés du pétrole sur les couches les plus pauvres de la population, elles ne doivent pas mettre en cause le cadre politique général agréé par l’Eurogroupe ».

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