Dessine-moi une norme…

Dessine-moi une norme…

Après les lois de l’Union européenne sur la traçabilité, entrées en vigueur le 1er janvier 2005, un nouveau défi pointe à l’horizon pour l’agroalimentaire marocain: le passage à l’ISO 22 000.  Cette norme de sécurité alimentaire concerne une trentaine de pays. La version finale sera publiée avant la  fin de l’année.
Les entreprises engagées à l’export avec l’Union européenne n’auront pas le choix ; elles doivent se conformer. La mise en place de cette disposition répond à plusieurs objectifs. Entre-autres,  l’harmonisation des règles, variant actuellement d’un pays à l’autre. D’après la revue “Alimentarius” de la Fédération nationale de l’agroalimentaire, «cette nouvelle norme ne vise pas à établir des exigences réglementaires minimalistes, mais s’adresse aux entreprises qui veulent aller au-delà des exigences réglementaires en sécurité alimentaire».
De ce fait, la qualité sera toujours régie par la norme ISO 9001 version 2000.
La nouvelle norme, quant à elle, introduit le concept de management de la sécurité alimentaire, clarifie la chaîne de responsabilité avec une approche fondée sur une implication plus formelle de la direction par des exigences claires au niveau de la responsabilité de l’engagement de la direction vis-à-vis de la sécurité alimentaire.
Cette refonte à l’international intervient au moment où, sur le plan interne, le contrôle des produits alimentaires est ballotté entre plusieurs ministères, allant du département de l’Intérieur, à l’Agriculture, en passant par la Santé ou encore le Commerce et l’Industrie. A l’image de ses imposants locaux à Casablanca, lesquels ont subi un sérieux coup de jeune dernièrement, l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations est appelé à  une refonte de ses activités.
C’est ce que suggère Najib Mikou, directeur à l’EACCE dans une thèse récente sur le management des services publics (Master). L’administrateur préconise le regroupement des différentes structures intervenant dans les exportations en une seule structure, à savoir l’Agence nationale des exportations alimentaires (ANEA).
A l’international, les modèles sont nombreux, de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui, en France, régule l’offre, veille au respect de la concurrence, à la conformité par rapport aux normes
et, finalement, la protection des consommateurs pour le compte du ministère français des Finances et de l’Industrie, à la sévère DUG américaine, dont le visa est indispensable à toute marchandise exportée chez l’Oncle Sam. En Espagne, l’Agence pour la sécurité alimentaire (AESA), mise en place en 2001, évolue sous la tutelle du ministère de la Santé avec comme prérogatives, l’expertise et la coordination des actions des différentes administrations intervenant dans le domaine. La Belgique a opté aussi pour une structure fédérative. L’Agence fédérale née après le scandale de la dioxine, analyse et contrôle toute la chaîne de la production depuis la matière première jusqu’au placement dans un rayon de supermarché. Elle a, pouvoir de délivrer des agréments, des autorisations et des licences obligatoires en Belgique pour exercer dans certains domaines de l’agroalimentaire.  De tous ces systèmes, c’est le cas de l’Espagne, pays tout aussi agricole que le Maroc, avec des exportations concentrées sur l’agriculture, qui a la faveur des professionnels. Mais l’Etat pencherait plutôt pour la mise en place de deux agences, l’une pour le contrôle des produits alimentaires, l’autre pour la promotion des exportations. Concernant la première, le bulletin de la Fenagri fait état de résistances de la part des différents intervenants de l’Administration. Bref, on est encore loin du compte.
L’échafaudage du nouvel ensemble se fera autour de l’Etablissement de contrôle et de coordination des exportations, à condition que celui-ci opère sa mue à temps. Actuellement, l’EACCE, première structure de contrôle d’un pays tiers à être accréditée par l’UE, est au centre du dispositif des exportations. Comme le rappelle Najib Mikou dans le bulletin de la Fenagri, «l’EACCE assure plus de 85% des opérations de contrôle au sein même des stations de conditionnement des fruits et légumes frais et des usines de transformation des produits végétaux transformés et des produits de la pêche », ce qui constitue un gain considérable pour l’opérateur privé marocain en termes de délais et de coûts.

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