Dette privée dynamique

La révision du taux de la réserve monétaire, la baisse du taux de reprises de liquidités et la baisse des taux directeurs avaient fini par inverser l’évolution des rendements obligataires et assécher le marché de la sur liquidité (près de 6 milliards de dirhams) prévalant depuis près de 2 ans, renseigne la banque d’affaires BMCE Capital Emissions dans une rétrospective annuelle. En effet, alors que les taux moyens et longs termes sont restés relativement stables, les courtes maturités ont gagné en moins de trois mois plus de 128 points de base en moyenne. «Cette tendance se prolongera jusqu’au lancement de l’opération de privatisation de la Régie des Tabacs.
Les rendements obligataires finiront tout de même l’année sur une tendance haussière, suite à la décision de la BAM de rémunérer les excédents de liquidités des banques à un niveau de 3.25 % alors que le taux des bons à 52 semaines se traitait à un taux inférieur», estime BMCE Capital Emissions. Les interventions de BAM sur le marché primaire n’ont pas uniquement impactés l’évolution des rendements obligataires, mais aussi l’offre (en terme de montant) et la structure de l’offre des investisseurs. Côté Trésor, durant les trois premiers mois de l’année, il a levé plus que les montants annoncés, alimentant les anticipations haussières des rendements obligataires.
Ce reversement de tendance marquera le retour des investisseurs sur le marché avec une offre massive qui couvre toutes les maturités et dont le montant global s’élève à 17.2 Mds (contre 10.7 en janvier). Ensuite c’est l’annonce des résultats de la privatisation de la Régie des Tabacs qui viendra changer l’orientation du marché et permettre au Trésor d’encaisser 14 Mds contre 6.4 Mds initialement prévus. «L’impact de cette opération sur la liquidité du marché a été important malgré le fait qu’une partie de cette acquisition a été financée sur le marché local», précise BMCE Capital Emissions. Sur cette même période le trésor lève plus de 25.1 Mds dans un contexte de baisse de taux plus que favorable.
En décembre, le trésor boucle son année budgétaire en levant 65.9 milliards de DH contre 188.9 Mds en 2002, soit un taux de satisfaction de 35%. Le contexte du marché n’a pas été des plus favorables aux émetteurs de dette privée, surtout durant les trois premiers mois de l’année. En effet, les multiples interventions de la Banque centrale et le manque de visibilité quant à l’évolution des taux obligataires se sont traduits par l’attentisme des intervenants du marché.
La détente entre avril et septembre permettra un regain d’intérêt pour le compartiment de la dette privée. En ce qui concerne l’encours des émissions de titres de créances négociables il a accusé une baisse de 2.35 % en 2003. À fin novembre, l’encours global émis s’est établi à 10 973 MDH contre 11 236 MDH à la même période en 2002.
Pour les billets de trésorerie, en 2003, le volume BT traité sur le marché primaire s’est élevé à 642 contre 253.50 (hors ONE) l’année précédente, soit une hausse de 153 %. Les billets de trésorerie ont représenté plus de 23 % du montant total de TCN émis en 2003. Globalement, le marché de la dette privée est marqué par l’injection du fonds américain AIG Africain Infrastructure Fund LLC de 275 millions de dirhams, en prenant le contrôle de 36,6 % du capital de Charaf par le biais d’une augmentation de capital qui lui est entièrement réservée. Promopharm, Maghreb Steel, ONA et d’autres acteurs sont les principaux opérateurs derrière cette dynamique du marché de la dette en 2003.

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