Dette publique : La France reste le principal créancier du Maroc

L’encours de la dette extérieure publique du Maroc s’est établi à près de 173,4 milliards de dirhams au titre de l’année 2010. C’est ce qui ressort du rapport de la dette publique de l’année 2010 publié récemment par le ministère de l’économie et des finances. Ainsi, l’encours de la dette extérieure publique ressort avec une augmentation de 21,2 milliards de dirhams, soit une hausse de 14% par rapport à son niveau enregistré à fin 2009. Aussi, le rapport explique que cette augmentation comprend une évolution de 13,6 milliards de dirhams au titre de la dette extérieure du Trésor et un accroissement de 7,6 milliards de dirhams au titre de la dette extérieure des établissements et entreprises publics garantie par l’Etat. Dans ce sens, le ratio de la dette extérieure publique par rapport au PIB s’est établi à 22,3%, en hausse de 1,6 point du PIB par rapport à son niveau en 2009 qui s’était établi à 20,7%. Sur l’évolution de ces dix dernières années des principaux indicateurs de l’endettement extérieur public, le ministère des finances relève une baisse pratiquement de moitié du ratio d’endettement extérieur public. S’agissant de la structure de la dette publique par créanciers, avec un encours de 85,8 milliards de dirhams, les institutions internationales de développement constituent le premier groupement de créanciers du Maroc avec une part de 50% de la dette extérieure publique contre 47% en 2005 et 37% en 2000. Dans ce sens, le rapport souligne que la Banque africaine de développement (BAD), parmi les principaux bailleurs de fonds multilatéraux, est pour la 2ème année consécutive le premier créancier du Maroc avec 28% de la dette multilatérale, devant la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) qui détient 24% de ladite dette et la Banque européenne d’investissement (BEI) avec 22%. Parallèlement, au niveau de la dette bilatérale, dont l’encours s’élève à 68,4 milliards de dirhams, soit 39% du total de la dette extérieure publique, la France constitue le premier pays créancier avec 32% de cette dette, suivie du Japon avec 17% et de l’Espagne avec 9%. Pour leur part, les investisseurs étrangers du marché financier international (MFI) et les banques commerciales détiennent un stock de 19,2 milliards de dirhams, soit 11% du total de la dette extérieure publique. Ainsi, à fin 2010, six bailleurs de fonds du Maroc détiennent pratiquement les deux tiers du total de l’encours de la dette extérieure publique, à savoir la BAD avec 14%, la France avec 13%, la BIRD avec 12%, la BEI avec 11%, le Japon avec 7% et enfin le Fonds d’appui au développement de l’enseignement supérieur (FADES) avec 6%. S’agissant de la structure par emprunteurs, le rapport relève que le Trésor détient 53% du total de la dette extérieure publique et demeure le principal emprunteur avec un encours de 92,3 milliards de dirhams.
À fin 2010, l’évolution du stock de la dette du Trésor s’est caractérisée par la poursuite de sa tendance haussière entamée depuis 2007, avec un accroissement annuel moyen de 9%, suite à la nouvelle stratégie du Trésor basée sur l’arbitrage et visant à augmenter, légèrement, la part de la dette extérieure dans le portefeuille de la dette du Trésor. Pour sa part, la dette des établissements et entreprises publics (EEPs) constitue 47% de la dette extérieure publique avec un encours de 82,1 milliards de dirhams. Elle est détenue principalement par l’ONE avec 25,9 milliards de dirhams, l’ADM avec 18,6 milliards de dirhams, l’ONEP avec 8 milliards de dirhams, l’ONCF avec 5,7 milliards de dirhams et la RAM avec 5,4 milliards de dirhams. Aussi, le rapport souligne que l’encours de la dette extérieure des EEPs a connu également un trend haussier amorcé depuis 2005 avec une progression annuelle moyenne de 10%, et ce du fait du recours plus important de ces EEPs à ces concours financiers pour couvrir les besoins de financements de leurs ambitieux programmes d’investissement.


 Une hausse de 11 % de l’encours de la dette du Trésor
L’encours de la dette du Trésor (intérieure et extérieure) s’est établi au terme de l’année 2010 à 384,4 milliards de dirhams, contre 345,2 milliards de dirhams à fin 2009, soit une progression de 39,2 milliards de dirhams ou 11%. Cette évolution s’explique par l’augmentation de l’encours de la dette intérieure et extérieure, respectivement, de 25,7 et 13,5 milliards de dirhams. Pour sa part, le ratio de la dette du Trésor par rapport au PIB s’est établi à 49,3%, en hausse de 2,4 points par rapport à son niveau en 2009 (46,9%). Il convient de noter que sur les dix dernières années, le ratio de la dette du Trésor par rapport au PIB a reculé de 18,8 points. Cette baisse est attribuable principalement à la discipline budgétaire poursuivie ayant réussi à contenir le déficit budgétaire à moins de 3% du PIB en moyenne sur la dernière décennie avec notamment deux années d’excédents budgétaires en 2007 et 2008, au niveau honorable de croissance économique réalisée (gain moyen de 1,6 point de croissance économique sur la décennie 2001-2010 par rapport à la décennie précédente) et aux actions visant la réduction du poids de l’endettement extérieur grâce notamment à la mise en place de la politique de gestion active de la dette extérieure ayant porté, particulièrement, sur le traitement des dettes onéreuses et sur les mécanismes de conversion de dettes en investissements. La structure de la dette du Trésor par source de financement montre que la part de la dette extérieure a poursuivi sa tendance haussière entamée depuis 2007, s’établissant, en 2010, à 24% et ce conformément aux objectifs retenus pour le portefeuille benchmark (75% intérieure/25% extérieure). Ainsi, le ratio de la dette intérieure du Trésor, à fin 2010, a représenté 37,5% du PIB tandis que celui de la dette extérieure s’est établi à 11,8% du PIB contre respectivement, 36,2 et 10,7% à fin 2009. Par instrument, la principale composante de l’encours de la dette du Trésor demeure la dette négociable avec un encours de 294,4 milliards de dirhams à fin 2010, soit une part de 77% de l’encours total de la dette du Trésor. Les bons du Trésor émis par adjudication restent la principale composante de la dette négociable avec une part de 72%. Cette part est en baisse de 3 points par rapport à fin 2009 et ce, suite à l’émission de l’emprunt obligataire d’un milliard d’euro sur le marché financier international.

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