Deux professionnels pour un titre

Deux professionnels pour un titre

Le 17 décembre prochain, se tiendront normalement les élections pour le renouvellement du bureau de la Fédération du Tourisme. Deux candidats, aux itinéraires différents, s’affronteront. Ancien président du GRIT de Marrakech, d’où il n’a récolté que des bons souvenirs, Jalil Benabès Taarji, entreprenant, virevoltant, est un professionnel qui monte. Face à Othman Chérif Alami, deux fois président de la Fédération nationale des agences de voyages, à qui il a donné un nouvel élan, c’est deux styles qui s’affrontent. Celui d’un professionnel qui a fait toute sa carrière dans le secteur, qui a hérité d’une entreprise moyenne pour la placer aux devants de la scène des voyages et des affaires et celui d’un homme, d’abord manager, voire fiscaliste, avant d’être un hôtelier. Jalil Benabbès Taarji est né en 1960. Après un baccalauréat option Mathématiques en 1978, au lycée Victor Hugo de Marrakech, il s’envole pour Paris où il est lauréat cinq années plus tard de l’Ecole des Hautes études commerciales. Professionnel du tourisme ? C’est certain. Mais il est avant tout mathématicien, contrairement à Alami qui, lui, a tout de suite fait ses classes à l’Ecole hôtelière de Rabat entre 1969 et 1972 et surtout passé par l’incontournable Institut supérieur international de Tanger. Il appartient à la première promotion, celle de 1974. Contrairement à Taârji qui, à dix ans d’intervalle, choisira, en 1984, de peaufiner encore ses connaissances pour un DESS en Gestion financière et Fiscalité à la Sorbonne, Alami, lui, après un intermède de plusieurs stages professionnels dans les unités hôtelières marocaines et internationales, rejoindra l’entreprise familiale fondée par son père en 1974. De ces débuts d’itinéraires différents, viennent sans doute les idées établies par quelques professionnels du secteur, si prompts aux étiquettes et qui ont vite fait de qualifier Alami de « pragmatique » et son vis-à-vis de grand «théoricien» ou de «financier». Avant de plonger dans le secteur, Taârji a fait un détour par la représentation du Crédit Lyonnais à New York, où il était chargé en 1985 du département « Capital Markets ». Une carrière brillante loin des turpitudes de l’hôtellerie. Il reviendra à Paris en 1986 où, pendant deux ans, il est conseiller de Direction. Au sein d’Atlas Voyages qui n’avait pas son succès d’aujourd’hui, Othman Chérif Alami s’occupe d’abord du Département réceptif. Il succédera à son père en 1982 donnant d’emblée une nouvelle impulsion au groupe aujourd’hui premier réceptif au Maroc. Il a d’abord structuré la compagnie et lancé plusieurs nouveaux départements dont l’incentives, le congrès et les voyages organisés à l’export. La Nouvelle Atlas voyages n’a rien de celle qu’il avait intégré en 1974. Quand Taârji revient au Maroc en 1988, il intègre d’abord le secteur des textiles, en tant que Secrétaire général du Groupe Textiles Intégré manageant plus de 1 000 employés. Ce n’est qu’en 1991, qu’il troque l’habit de financier et de manager contre celui d’hôtelier. D’abord, en tant que Directeur général du Tikida Garden Marrakech, puis dès 1995, Directeur général Tikida Hotels. Cette « irruption » (mais en s’agit-il vraiment d’une quand on connaît qui est Taarji ?) récente dans le Tourisme est vite compensée par son goût pour l’associative. Au cours des huit dernières années, il est tour à tour président (Fondateur) de l’Union Régionale de Marrakech-Tensift de la CGEM, président de l’A.I.H. locale en 1997 et surtout vice-président du GRIT entre 1997 et 2001. Le temps d’une année, il restera à la tête de ce groupement, miné alors par des querelles intestines. Ce qui le poussera à la démission. Le destin d’Alami se mesure à la montée en force d’Atlas Voyages qui s’est encore renforcée dans le segment voyages d’affaires en étoffant le département billetterie à Casablanca. Le réceptif s’est parallèlement développé : nouveaux bureaux à Fès, Rabat, Ouarzazate, après ceux de Marrakech et d’Agadir. En 1989, la Compagnie a inauguré le Palais des Congrès de Marrakech avec le premier Congrès mondial sur la Fertilité, ayant réuni 4000 personnes. En 1994, Atlas Voyages a également organisé une réunion internationale de l’Uruguay Round. La candidature de Othman Chérif Alami à la présidence des agences de voyages en 1985 passa comme une lettre à la poste. Il y restera trois ans, jusqu’en 1988. De cette date à 1994, il est vice-président et président du CTP (Casablanca Tourisme Promotion). Très engagé dans la vie associative, il réoccupe de nouveau le poste de président de la FNAVM entre 1999 et 2002. Aujourd’hui, alors que le secteur des agences de voyages traverse des difficultés à cause, entre autres des érosions tous azimut des commissions, en particulier vis-à-vis des compagnies aériennes, l’on évoque ouvertement son nom. De la présidence de Section volley-ball du Wac, à la fonction d’administrateur de la Banque Populaire, en passant par la présidence de l’association culturelle « Les chorégies de Marrakech, ou au poste de vice-président du CRT de Casablanca, une question peut se poser. Comment trouver du temps pour le footing, le jogging, loisirs favoris de Alami et Atlas Voyages ? Peut-être, c’est cela le professionnalisme. La Fédération du Tourisme est en phase de maturité. Avec du sang neuf et de nouveaux programmes, ce conglomérat, une fois externalisé aura à jouer des rôles plus amples, loin du symbolisme où il est souvent confiné.

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