Difficile transfert des ressources mondiales

Difficile transfert des ressources mondiales

La réunion dimanche à Washington du Comité de développement dans le cadre des travaux de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, est intervenue dans un contexte où la reprise de l’économie mondiale s’est nettement renforcée comme en témoigne la hausse de la production industrielle et de l’investissement. Réuni dans le cadre des travaux de printemps du FMI et de la Banque mondiale, le Comité de développement est un comité ministériel conjoint des deux institutions financières, chargé essentiellement de l’examen des questions relatives au transfert de ressources réelles vers les pays en développement.
Dans son intervention devant le Comité réuni pour l’examen du suivi mondial 2004 des actions pour atteindre les objectifs de développement du millénaire et la soutenabilité de la dette à long terme dans les pays à faible revenu, le ministre des Finances et de la Privatisation, Fathallah Oualalou a noté qu’au niveau des pays en développement et malgré l’amélioration des perspectives économiques, la croissance économique demeure vulnérable et nécessite une consolidation qui puisse assurer sa durabilité à travers l’approfondissement des réformes, en vue notamment d’améliorer les conditions d’exercice de l’activité économique et de la lutte contre la pauvreté.
Concernant le suivi de la réalisation des objectifs du millénaire, le ministre a souligné que malgré les progrès encourageants réalisés par les pays en développement, les défis demeurent encore importants, notamment pour les pays africains d’ici l’échéance 2015, particulièrement en matière d’éducation, de santé, de lutte contre les pandémies, d’eau potable et d’assainissement.
À ce titre, l’objectif de généraliser l’enseignement primaire à l’horizon 2015 ne sera pas atteint par les pays d’Afrique subsaharienne et probablement même pas par les pays d’Asie du Sud, pendant que 15 à 20 % des pays en développement semblent s’être engagés sur la voie de la réalisation de l’objectif de réduction de la mortalité maternelle et infantile. Il a estimé que l’objectif de stopper d’ici 2015 la propagation du VIH/SIDA et des maladies transmissibles risque de ne pas être atteint par un grand nombre de pays en développement, en particulier ceux de l’Afrique subsaharienne et 20% des pays en développement pourront réaliser l’objectif de réduire de moitié le nombre de la population n’ayant pas accès à l’eau potable et à l’assainissement à l’horizon 2015.
M. Oualalou a expliqué qu’afin de renverser ces tendances et relever les défis que constituent les objectifs du millénaire, les pays en développement sont appelés à intensifier leurs efforts en matière de réformes macro-économiques et structurelles, de réalisation des infrastructures économiques et sociales et de bonne gouvernance alliant rationalité et efficacité de la gestion des ressources disponibles.
Le développement du secteur privé, appelé à jouer un rôle-moteur dans la croissance économique de ces pays, doit être considéré comme une priorité absolue pour favoriser la croissance, a-t-il dit, précisant que les pays d’Afrique, qui ont démontré leur détermination à relever les défis du développement et de la lutte contre la pauvreté dans le cadre du NEPAD, devraient continuer à oeuvrer pour la réalisation de leurs objectifs avec l’appui constant et conséquent de la communauté financière internationale.
Les pays développés devraient, quant à eux, réduire substantiellement les barrières tarifaires et non tarifaires qui entravent encore l’accès à leurs marchés des biens et services originaires des pays en développement, a souligné le ministre, notant que cet effort additionnel de libéralisation pourra être effectué dans le cadre de la relance des négociations multilatérales de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans un sens plus équitable pour les pays en développement. Les institutions financières internationales sont appelées, quant à elles, à consolider les acquis obtenus pour atteindre les objectifs du millénaire, à travers l’adaptation constante de leurs approches et instruments aux besoins des pays concernés, y compris les pays à revenu intermédiaire, en vue, notamment, de catalyser la mobilisation de plus de ressources au profit de ces pays, a fait savoir M. Oualalou, précisant qu’au niveau de l’harmonisation de l’aide et du renforcement des capacités des pays en développement, les institutions financières multilatérales devront, en particulier, mettre en oeuvre le plan d’action entériné par la deuxième table ronde sur la gestion axée sur les résultats, tenue à Marrakech en février 2004.
S’agissant des modalités de financement de la réalisation des objectifs du millénaire, le ministre a accueilli favorablement toutes les initiatives proposées pour accélérer la mobilisation des ressources et notamment une facilité financière internationale permettant de mobiliser les fonds nécessaires sur la base d’engagement des pays développés prenant la forme de garanties pour la mobilisation des ressources sur le marché financier international. Cette initiative, a-t-il dit, permet en effet d’augmenter sensiblement les ressources de l’aide publique au développement sans grever immédiatement les budgets des pays développés appelés à rembourser ces fonds graduellement après 2015.

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