Dossier : Cadrage : Maelström

Dossier : Cadrage : Maelström

Faut-il avoir peur des Chinois ? La question, on en convient, paraît futile, tellement la réponse est évidente. Il n’y a pour s’en convaincre qu’à consulter toute la littérature parue dans la presse du monde entier, pour cerner la menace que représente la déferlante chinoise sur des économies réputées pourtant très solides. Que dire donc d’une petite économie comme la nôtre, dans un pays qui représente à peine une petite province chinoise. Plus qu’une source de crainte, que certains parmi nos responsables et hommes d’affaires continuent de prendre à la légère, la présence économique chinoise est un fait au Maroc.
Avec des produits qui ont su allier une qualité certaine et une accessibilité frôlant le ridicule, les produits chinois se vendent littéralement comme des petits pains. Alors qu’elle n’est encore qu’à ses débuts et marqué par son caractère sporadique, l’introduction de ces produits, qui se limitent actuellement aux jouets, aux tee-shirts et à quelques biblos, commence d’ores et déjà à faire des dégâts. Si les accords d’association et de libre-échange signés par le Maroc avec telle ou telle grande puissance politico-économique pèsent de tout leur poids sur les secteurs structurés du pays, la Chine, elle, semble plus intéressée par ce qui reste, allant même jusqu’à faire de la concurrence au secteur informel, ô combien important pour des millions de familles marocaines et noyau dur d’une économie nationale encore sous-développée. C’est à craindre que même les Derb Ghallef que compte le pays ne soient investis par les Chinois.
Dans ce véritable Maelström qu’est la mondialisation, cette conquête chinoise semble de bonne guerre. Il n’en faut pas moins user de moyens tout aussi légitimes pour limiter une faillite aussi annoncée que généralisée de notre système économique, secteurs formel et informel confondus. A commencer par ces sacro-saintes barrières non douanières, si cheres à de grandes machines économiques comme les Etats-Unis et, à moindre degré, l’Union européenne. Des barrières qui participeraient à la fois à plafonner les dégâts, mais aussi à écouler sur le marché des produits conformes aux normes marocaines de consommation. Mais encore faut-il qu’il y en ait, des normes ! La mise en place d’un accord d’association, global, intégré et basé sur la fameuse base de gagant-gagnant. Un tel procédé nous permettra aussi bien de maîtriser les produits qui nous viennent de l’empire du Milieu et d’entrevoir ce que le Maroc pourrait bien offrir à un pays comme la Chine. Car, si ce vaste pays, avec une population qui s’élève à 1 milliard et demi d’habitants est un grand producteur-exportateur-distributeur, il est également un grand consommateur. Imaginons, ne serait-ce que 1% de touristes chinois qui visitent chaque année le Maroc ! à eux seuls, ces touristes feraient le grand bonheur de notre Adil Douiri et de la tant espérée réussite de la stratégie 2010. En attendant une telle prise de conscience, le mot d’ordre concernant une imminente débâcle économique est l’inconscience.

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