Dossier : Cadrage : Qui joue avec le feu ?

C’est après l’incendie de la Samir, que l’on s’est rendu compte brusquement de la dangerosité de tels types d’installations. Dolidol est venu rafraîchir les mémoires. Entre-temps, à Agadir, en décembre, des cartons sont partis en fumée. Survolons les nombreuses petites alertes par ci et par là, les «incendies vite étouffés» et l’on tombe sur ce constat : beaucoup d’entreprises jouent avec le feu et prennent aisément à contre-pied l’adage qui dit : «Mieux vaut prévenir que guérir».
Pour les chefs d’entreprises, le plus important est de se couvrir contre les risques. Les installations genre matériel d’incendie, système à haute pression, émulseurs et signalisation, pourront toujours attendre.
Pour les assureurs, il faut d’abord garnir le portefeuille client et, au passage, prendre attache avec le bon expert. Et peut-être, pour une fois, dans ce cas précis d’incendie, mieux vaut guérir que prévenir. C’est, dit-on, la règle du marché. La concurrence est acerbe et les prix libres. Chercher des poux dans la tête des chefs d’entreprises en leur demandant des attestations qu’ils n’ont pas et des installations qu’ils ont renvoyées aux calendes grecques, c’est courir le risque de perdre un client. Et l’Etat dans tout cela ?
Beaucoup de professionnels de la place disent ne pas être au fait de la législation en matière d’incendie. Souvent présente lors de l’inauguration des usines et des sites, la Protection civile reste assez pondérée dans ses rapports, élaborés suite à des visites effectuées dans les entreprises.
Quant aux entreprises spécialistes, fournisseurs de matériels de lutte contre l’incendie, il y en a aujourd’hui plusieurs, détentrices d’agréments en bonne et due forme, qui de plus sont délivrées par la Fédération marocaine d’assurance et de Réassurance. Il y a quelques années, on en comptait à peine trois. Aujourd’hui, d’autres ont investi ce créneau et importent du matériel puis, les font «attester» par les nombreux laboratoires de la place.
Une fois cette étape franchie, le matériel dûment attesté fait place à un autre, nettement moins cher. Une pratique sur laquelle une grosse ponte de la place vient d’être épinglée récemment par les assureurs qui lui auraient retiré son agrément. Pourtant ces assureurs qui n’hésitent pas à retirer l’agrément à ces entreprises fournisseurs de matériels d’incendie et spécialistes, en cas de manquements, ne font aucune référence à leur avis au moment de la signature d’un contrat d’assurance. Le commercial prime sur la sécurité. D’autant que beaucoup d’entreprises, pour n’avoir jamais reçu de visites, confessent que si la loi existe, elle ne dépasse pas l’obligation d’assurance.

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