Dossier : Casablanca assise sur une poudrière

CADEX est un groupe qui existe depuis 1933. Ses quatre usines qui fabriquent toutes sortes d’explosifs sont situées dans les communes de Sidi Hajjaj et de Tit Mellil, à Casablanca. Cette entreprise travaille surtout avec les secteurs miniers et les travaux publics. Et chaque unité est spécialisée dans la production d’une gamme de produits explosifs. La première, l’usine de la Compagnie africaine des Explosifs (CADEX), est située au Km 16 route 106 Tit Mellil. Créée en 1933, sa principale activité est la fabrication des explosifs et accessoires de mines. D’une capacité de stockage de 4 dépôts, l’usine s’étale sur une superficie de 38 ha.
Les produits fabriqués dans cette usine sont : les nitrates-fuel à base d’Ammonix, les dynamites à base de Gamsite – Atlasite, les détonateurs électriques et les mèches non gainée de type WN 115. La deuxième société du groupe s’appelle «La dynamite marocaine»(DYNAMAR).
Derrière ce nom original, se cache une usine qui s’étale sur une superficie de 13 ha. Principale activité : fabrication de nitrosyle, de nitrate de MMAN (monométhylamine). À la «dynamite marocaine», on fabrique notamment la gomme et la monométhylamine. La troisième usine de ce groupe «explosif» est l’Omnium marocain industriel et chimique (OMIC), spécialisée dans la fabrication d’accessoires de tir : cordeau détonant, mèche de miner et la poudre noire. Créée en 1954, cette usine se trouve à Douar El Harte dans la localité de Sidi Hajjaj, et s’étale sur une superficie de 100 ha. Ici, on y fabrique du cordeau détonant tous grammages, des mèches de mineur non gainée, des gainées WG 95, et la fameuse poudre noire pour la Fantasia ( Baroud).
Enfin, quatrième et dernier fleuron de cette industrie hautement explosive est la Société marocaine d’Explosifs et d’Accessoires de Mines (SME). Située à la route 107 dans la commune de Tit Mellil, cette usine fabrique principalement des explosifs à usages civils : il s’agit des nitrates-fuel (Ammonix) et des gels aqueux du type Tovex. Étalée sur superficie de 36 ha, l’usine abrite 7 dépôts d’une capacité globale de 102 tonnes. Outre la fabrication d’explosifs, ces usines ont un autre point commun : elles se trouvent toutes en plein périmètre urbain. Leur voisinage immédiat ce sont les 7 000 habitants de la commune de Tit Mélil, les 30.000 habitants de la localité de Sidi Hajaj, et par extension, les quelques millions d’habitants de Casablanca. Comment s’explique ce voisinage inhabituel ? Contactés à ce sujet, les responsables du groupe étaient injoignables, le directeur commercial étant en «déplacement» et la direction générale en «réunion à l’extérieur».
Selon un responsable à la Commune de Tit Mélil, les autorités locales sont conscientes du danger «potentiel» que représente la présence de ce type d’installation à proximité du périmètre urbain. «Une action est en cours avec le ministère de l’Environnement et la wilaya de Casablanca pour trouver une solution à ce problème» assure le responsable communal. Intéressant, mais peu rassurant.
La seule action déployée dans ce cadre est une étude actuellement menée par une commission ministérielle (département de l’environnement) pour évaluer le risque que représentent ces installations. Même si aucune date n’est fixée pour la réalisation de cette étude, ses conclusions devront dire (scientifiquement, donc, administrativement) si oui ou non ces usines doivent êtres délocalisées vers des lieux moins «peuplés». On attend. Affaire à suivre…

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