Dossier : L’autre phase de la libéralisation

Le secteur de l’électricité a été marqué depuis le début de la décennie 90 par une vague mondiale de libéralisations. Cette déréglementation se présente comme le prolongement du mouvement de libéralisation qui a pris naissance aux États-Unis en 1978 et s’est ensuite étendu à l’Europe et au reste du monde. Concurrence oblige, des efforts visant à réduire les coûts énergétiques, en particulier les coûts de l’électricité se sont intensifiés. En vain. Car ce modèle n’a jamais apporté les avantages promis.
Le cas le plus célèbre reste celui de la Californie, en 2000 et en 2001. Les producteurs s’y sont entendus pour organiser une pénurie d’électricité et pour faire grimper les prix. Soit en mettant en réparation un grand nombre de centrales. Soit en congestionnant le réseau de lignes haute tension. Soit en exportant dans les Etats voisins, où une filiale du même groupe se chargeait de revendre l’électricité aux clients californiens.
Entre-temps, le prix des électrons s’était envolé. L’Etat de Californie n’a mis un terme à l’envolée des prix et à la multiplication des coupures qu’en fixant directement les prix du marché de gros. Puis il s’est endetté afin d’éviter la faillite des compagnies de distribution.
Au Canada, l’Ontario, la province la plus peuplée du pays avec sa métropole Toronto, avait ouvert en mai 2002 son marché de l’approvisionnement en électricité à la concurrence, une mesure qui devait réduire les coûts pour les consommateurs mais qui a finalement eu l’effet contraire. Cela a forcé le gouvernement libéral à légiférer en novembre de la même année pour geler les prix et procéder même à des remboursements, avant de renoncer à une privatisation partielle du distributeur. En Italie, et outre les tarifs élevés, le pays a connu plusieurs coupures au printemps 2003 et même une panne générale en septembre. Au Royaume-Uni, la libéralisation opérée de 1991 à 2001, n’a entraîné aucune baisse des prix alors que les coûts, eux, diminuaient. Ce qui a obligé le régulateur britannique d’intervenir sur les prix de gros, qui, du coup, ont chuté de 40%.

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