Dossier : Le risque d’incendie vu côté assurance

Dossier : Le risque d’incendie vu côté assurance

ALM : L’incendie est-il un risque courant dans le milieu de l’entreprise au Maroc?
Youssef Hajjali : Cette année, il y a eu deux incendies majeurs. Le risque n’est donc pas courant. Le risque incendie regroupe divers risques comme les dégats dus à la tempête, les dommages électriques, les frais de déblaiements, etc. Concernant l’incendie en tant que tel, il est rare et dépend des secteurs. S’il s’agit d’unités industrielles, on a plutôt affaire à des bris de machine. Par contre, le risque est plus présent dans les entreprises textiles qui manipulent des matières inflammables. L’évaluation du degrès de risques et la fixation des barèmes d’assurance varient d’une société d’assurance à une autre. Mise à part l’assurance automobile, les taux sont libres. Toutefois, la Direction des assurances (la DAPS) qui est un organe dépendant du ministère des Finances, est habilitée à vérifier les contrats.
Y’ a-t-il une législation qui contraint les entreprises à s’équiper de matériel anti-incendie ?
A ma conaissance, il y a juste une obligation d’assurance. D’ailleurs, l’entreprise n’a aucune obligation de s’assurer contre l’incendie contrairement à l’accident de travail. La Fédération marocaine d’Assurance délivre des certificats à des entreprises sous réserves de certaines conditions pour faire des expertises. Là aussi, il n’y a pas d’obligation. L’entreprise n’a aucune obligation pour se faire certifier. De plus, étant donné que ces prestations sont chères, on imagine aisément que beaucoup préfèrent s’en passer du moment qu’il n’y a aucune contrainte légale.
Au Maroc, dans quelles conditions assure-t-on une entreprise contre les risques d’incendie ?
Il y a toute une procédure. D’abord une visite de risques avec la vérification des plans, des moyens de sécurité. L’entreprise doit fournir ses antécédents et la valeur des biens à couvrir et vérifie l’état des installations. S’il s’agit de valeurs très importantes, les compagnies se réassurent à l’étranger.
Y-a-t-il des certificats ou des attestations à fournir ?
La procédure d’assurance est basée en grande partie sur la bonne foi. L’assureur ne vérifie pas point à point les déclarations de l’assuré, mais accorde souvent des rabattements de 5 à 10% de la valeur à assurer, si les installations sont bonnes, si les extincteurs sont aux normes, etc…
En cas d’incendie, la première chose que fait une société d’assurance après avoir été informée par l’assuré c’est de nommer un expert pour établir les dégats. Si le client n’est pas d’accord sur les conclusions rendues, il peut lui aussi nommer un expert pour déterminer la valeur des dégats. L’incendie n’est pas remboursé s’il est dû à une négligence ou à un acte criminel.
L’assurance est-elle la même pour tout type d’entreprise ?
Chaque compagnie d’assurance a son approche. Par exemple, en ce qui concerne le secteur du textile, le risque concerne surtout la mousse qui est un produit hautement inflammable et donc, difficilement assurable. Les taux sont en général élevés. Chaque compagnie d’assurance, suivant sa vision du secteur, évalue ses tarifs. Pour ce qui est du secteur des hydrocarbures, le risque est tellement grand qu’il y a une cotation de réassurance au niveau mondial.

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