Dossier : L’informel a le vent en poupe

L’activité informelle fait la pluie et le beau temps au Maroc. Boustée par une demande de plus en plus croissante, cette activité tient tête au circuit légal. Les produits les plus prisés par le secteur informel sont : les produits agroalimentaires, les produits du Textile et Cuir, et les produits électriques et électroniques. Les marges obtenues par le commerce illicite font grimper de jour en jour le nombre des contrebandiers. Ces derniers commencent par accumuler un petit pécule à travers le non-payement des droits et taxes, droits d’importation et TVA. Appât du gain oblige, les contrebandiers prennent des risques tous les jours.
Les risques vont du versement d’amendes à l’emprisonnement, en passant par la confiscation des marchandises. Les contrevenants qui trouvent le goût du risque de plus en plus amer ont trouvé la solution. Près de 25.000 passeurs font une navette quotidienne entre le Maroc et les présides occupés du Nord.
Chaque passeur importe avec lui une quantité réduite de marchandises, rendant ainsi la confiscation une tâche ardue pour les autorités. Les importations illégales concurrencent ainsi la production nationale, en affectant l’offre intérieure. Et cette dernière ne cesse de se réduire comme une peau de chagrin. Astreintes à mettre la clé sous le paillasson, certaines sociétés se sont converties à l’activité illégale. L’économie cachée a donc de beaux jours devant elle. Le Maroc est aussi un producteur massif de contrefaçon notamment dans le secteur textile et dans le secteur du cuir. ;Plusieurs éléments favorisent le foisonnement de la fraude au Maroc.
En plus de sa situation géographique, ce sont les lacunes constatées au niveau de l’application des règles de contrôle qui permettent la coexistence et le cumul de différents types de fraudes. Des enquêtes ont été menées pour avoir des chiffres concernant l’évaluation de l’économie illicite. En vain. Les portes des circuits illégaux restent fermées, et seules des évaluations approximatives ont pu voir le jour. Une étude publiée par le Centre marocain de Conjoncture, montre que l’informel ne cesse de tirer l’économie nationale vers le bas. L’enquête indique que ce secteur absorbe 48,2% des secteurs de commerces et de réparation, contre 25% pour l’artisanat et l’industrie.
La durée moyenne du travail hebdomadaire dans l’activité informelle est estimée à 46,6% heures. La précarité et l’absence de protection restent les deux mots d’ordre. En fait, seulement 2% des travailleurs exercent avec contrats. Et 66,1% s’engagent au travail sur la base d’un simple accord verbal. Les plus défavorisés sont évalués à 31,8%; ces gens-là travaillent sans aucun accord. Les entreprises opérantes dans le noir constituent une menace pour les différents acteurs socio-économiques. L’Etat y perd au niveau fiscal. L’économie finira par capituler devant l’extension de ce fléau. Et les consommateurs y payeront de leur santé. L’éradication de l’informel est donc l’affaire de tous.

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