Dounia Ben Abbes Taarji : Le label ne pourrait être élargi aux organisations qui ne relèvent pas de la cgem

Dounia Ben Abbes Taarji : Le label ne pourrait être élargi aux organisations qui ne relèvent pas de la cgem

ALM : Le CESE vient d’adopter son avis sur la Responsabilité sociale des organisations (RSO). Quel commentaire faites-vous de la décision du Conseil ?

Dounia Ben Abbes Taarji : Le travail du CESE est, une fois encore, extrêmement intéressant en ce qu’il fait une synthèse globale de ce concept qu’il identifie comme «mécanisme de transition vers le développement durable». Si le CESE s’intéresse à la RSO, ce n’est pas par un effet de mode, mais c’est parce qu’il est porteur des valeurs et des outils nécessaires pour le développement durable auquel notre pays aspire : respect des droits humains, de l’environnement, loyauté des pratiques, éthique, bonne gouvernance, transparence, prise en considération des parties prenantes, etc. Dans son rapport, le CESE analyse le concept et sa portée. Il établit un état des lieux et un diagnostic de la pratique dans notre pays. Le Conseil examine également un benchmark des pays qui ont intégré la RSO dans leurs stratégies publiques. Enfin, et c’est là où le CESE joue pleinement son rôle, il dresse une longue liste de recommandations ayant pour objectif d’ancrer la RSO dans notre pays. En effet, le CESE rappelle que l’État dans son rôle et ses prérogatives est en premier lieu le garant de l’impulsion du développement durable auprès des acteurs du tissu économique et social.

Parmi les recommandations émises par le CESE l’élargissement du périmètre du label RSE de la CGEM. Quelle serait ainsi la nouvelle formule du label ?

Le CESE a recommandé l’élargissement du champ d’action de la démarche de la responsabilité sociale et sociétale, en considérant qu’elle n’est aujourd’hui plus du seul ressort des entreprises privées, mais aussi celui de l’ensemble des organisations. Le CESE recommande ainsi de dupliquer l’approche de la CGEM à d’autres organisations telles que, par exemple, les associations, les administrations, ou les collectivités territoriales. La CGEM, de par son statut, ne peut se consacrer qu’aux entreprises aussi le label CGEM ne pourrait être élargi à d’autres types d’organisations qui ne relèvent pas de la Confédération. En revanche, bien entendu, la CGEM est tout à fait disponible pour partager son expérience et accompagner d’autres acteurs dans des démarches comparables, et notamment pour renforcer les synergies avec les pouvoirs publics en vue de promouvoir des actions ciblées aux PME.

Y a-t-il de grandes différences entre les concepts RSO et RSE ?

Dans leur contenu, les concepts de RSO (Responsabilité sociétale des organisations) et de RSE (Responsabilité sociale – ou sociétale, selon la traduction retenue- des entreprises) sont identiques. Pour reprendre la définition de l’ISO : «la Responsabilité Sociétale des organisations est la responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et sur l’environnement se traduisant par un comportement transparent et éthique. Ce comportement contribue au développement durable, y compris à la santé et au bien-être de la société. Il prend en compte les attentes des parties prenantes, respecte les lois en vigueur et s’inscrit en accord avec les normes internationales de comportement. Il est également intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations. La seule différence entre les deux concepts porte sur leur champ d’intervention : la RSO s’adresse à tout type d’organisation, par exemple aux associations, aux collectivités territoriales et aux administrations alors que la RSE ne cible que les entreprises. On pourrait dire que la RSO englobe la RSE, ou que la RSE est la RSO pour les entreprises.

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