Driss Jettou à Paris

Driss Jettou à Paris

Lors de son déplacement parisien, du lundi 20 juin 2005, pour représenter le Maroc à la conférence internationale sur la micro-finance, le Premier ministre, Driss Jettou, a longuement renseigné sur la nature de cette activité au Maroc. D’après les conclusions et les recommandations d’une récente étude d’impact de l’activité micro-crédit, cette activité cible majoritairement les femmes. Le Premier ministre a estimé que cette étude a prouvé la puissance d’impact de ce mécanisme sur la pauvreté, sur la génération de revenus, sur l’amélioration de l’autonomie des bénéficiaires et sur l’inclusion sociale d’une façon générale.
"De tels objectifs supposent des politiques globales, couvrant l’ensemble de la chaîne de transformation sociale allant de l’éducation, la formation, la santé, l’emploi et le logement à l’intégration aux circuits de production", a-t-il ajouté, avant de rappeler que "S.M le Roi Mohammed VI a lancé précisément dans ce sens, lors d’un récent discours en mai 2005, une Initiative Nationale pour le Développement Humain, sous la forme d’un vaste programme à long terme, visant la lutte contre les fractures sociales et géographiques et la promotion d’un développement plus égal et durable".
Driss Jettou a souligné, au cours de son intervention, que la douzaine d’associations marocaines de micro-crédits agréées ont réalisé depuis leur création plus de 2 millions de dirhams de prêts, servant par le biais de quelque 500 antennes, plus de 550.000 clients actifs, dont 75 % de femmes, avec un taux de remboursement de 99 %.
Ces résultats, a précisé M. Jettou, ont pu être atteints grâce à l’action remarquable des acteurs du micro-crédit qui ont réussi, en quelques années, à déployer un réseau territorial exceptionnel à acquérir de l’expertise, à aguerrir leurs ressources humaines et à développer un vaste portefeuille "clients".
« Le micro-crédit doit aussi son essor à l’appui des pouvoirs publics qui ont mobilisé d’importants moyens de financement et de garanties internes et internationaux, de mécanismes de refinancement, voire l’appui au renforcement des capacités de gestion », estime le Premier ministre.
Les associations de micro-crédit ont pu ainsi mobiliser à l’interne d’importantes contributions du Fonds Hassan II pour le développement économique et social et à l’externe, des concours précieux notamment la Banque européenne d’investissement. Des pistes prometteuses sont envisagées dans le même sens avec l’Agence française de développement . "Parmi les principaux axes de réflexion retenus, figurent notamment la mise en place d’un fonds d’investissement, destiné à faciliter le refinancement des associations de micro-crédit et la création d’une centrale de risque", ajoute Driss Jettou. Le Premier ministre a, toutefois, estimé que le micro-crédit ne peut constituer une "solution providentielle" pour le développement social, ni la seule réponse à la problématique lourde et complexe de la pauvreté.
Qualifiant cette initiative de globale, le Premier ministre a mis l’accent sur l’implication, au-delà des acteurs publics, de l’ensemble des segments de la société et cible, en priorité, les foyers de pauvreté dans les quartiers périphériques des villes et les communes rurales les plus défavorisées, affirmant que l’Initiative royale porte notamment sur le renforcement de l’accès des populations démunies aux services sociaux de base, la promotion des activités génératrices de revenus durables, l’aide aux personnes en situation de grande vulnérabilité et à consolider globalement la croissance de ce secteur"

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