Du concret pour les adhérents

Du concret pour les adhérents

ALM : Les deuxièmes assises de la PME se dérouleront à Casablanca le 17 septembre. Quelle est votre démarche pour cette seconde édition ?
Hammad Kassal : Le thème retenu pour cette seconde édition est : «PME PMI du Maroc, quelle visibilité dans une économie globalisée ?» Le contexte dans lequel ont eu lieu les premières assises n’est plus le même. Auparavant, il fallait commencer par définir la PME, avec une définition juridique de l’entité. Les premières assises ont donné lieu au livre blanc et à la charte de la PME. En plus, nous avons pris part à la création de l’Agence nationale de la PME.
Malheureusement, à date d’aujourd’hui, l’Agence nationale de la PME a hérité de l’ex-ODI. Cette greffe a alourdi, sinon fait dévier, l’agence de son objectif initial. Elle a hérité, sur le plan organisationnel, d’une lourde structure de 90 personnes. Elle est désormais une agence de mise à niveau, plutôt que de création et d’assistance à l’éclosion de PME. À notre avis, un recentrage du travail de l’agence s’impose. Une redéfinition des tâches essentielles reste un passage obligé. Au sujet des assises, le Maroc a bien évolué. Les accords de libre-échange, une ouverture plus poussée et une métamorphose complète de l’environnement de la PME. Malheureusement, l’ouverture s’est faite sans préparation préalable. Nous l’avons toujours dit, il fallait tout d’abord assainir l’environnement de la PME sur le plan interne et par la suite l’ouvrir pour savoir les priorités en termes de secteurs d’activités. Il fallait savoir si nos PME sont aptes ou pas? Est-ce qu’il fallait faire la mise à niveau auparavant ? En réalité, on a ouvert sans mise à niveau préalable du tissu économique national.
Quelle est votre approche pour rendre la Fédération des PME-PMI partie prenante de l’appui nécessaire à ses adhérents ?
Depuis l’élection de la nouvelle équipe, nous avons cherché à libérer la fédération de sa couleur politique et d’en faire un outil de soutien à la PME-PMI. Pour atteindre cet objectif, nous avons créé un réseau de soutien et de service. Un des maillons forts de ce réseau est l’Ordre des experts-comptables. L’Ordre a pour mission principale d’aider la PME à devenir transparente. Au moins deux fois par année, il organise des journées portes ouvertes pour expliquer et aider les chefs de PME-PMI à fournir une information comptable fiable. Cette donne reste assurément le principal reproche formulé à l’adresse du tissu PME.Les banquiers, essentiellement, formulent des réserves au sujet des informations comptables. En plus, nous avons signé une seconde convention avec Federal Express (Fedex), pour aider les PME sur l’international à envoyer et recevoir des échantillons à des tarifs pouvant aller jusqu’à 40 % moins cher des prix pratiqués sur le marché. La troisième convention signée par la fédération, partant du principe que la compétitivité de la PME passe par le confort de ses salariés, est la convention réalisée avec la compagnie d’assurance la Marocaine-Vie. Un salarié qui n’est pas mutualisé est sans sécurité. Ainsi, nous avons monté des packages spécifiques. Rien que pour les assisses, la Marocaine-Vie nous a financés à hauteur de 300 000 DH. Nous sommes aussi en phase de finalisation d’une autre offre, cette fois avec Maroc Connect, afin de permettre la démocratisation de l’accès à Internet pour l’ensemble de nos adhérents. Un forfait Internet et ordinateur serait ainsi mis à disposition des PME. Nous avons aussi monté une cellule juridique au sein de la fédération. Ainsi, un expert juridique en droit social est à la disposition des membres pour mieux comprendre le nouveau code du travail et un avocat en droit des affaires pour les problèmes rencontrés. Sur un autre volet, la PME n’est pas que locale elle est internationale, nous avons tissé des liens ave la plus grande confédération d’Europe la CGPME qui regroupe 1,6 million de PME.Notre démarché est simple : pour essayer d’attirer de nouveau adhérents, il faut leur offrir du concret. L’année 2005 sera une année de recrutement.
Quelle sont vos initiatives dans ce sens ?
Nous sommes pour une plus large décentralisation. Il faut créer des relais régionaux. Nous ne pouvons, assurément pas, nous déplacer fréquemment dans chacune des régions. Nous avons commencé par Kénitra. En plus des relais régionaux de la CGEM, une montée en charge progressive est en chantier.
Quelle est votre position par rapport au manque de concertation lors de la finalisation des accords de libre-échange ?
Concrètement, l’accord de libre-échange avec la Turquie est le plus dangereux pour la PME marocaine, beaucoup plus que celui qui est avec l’Union européenne ou avec les Etats-unis. Il y a beaucoup de ressemblance entre l’économie marocaine et celle turque. Seulement, la PME turque a évolué dans un univers plus vaste, donc, elle a bien amorti les investissements de base consentis. Actuellement, quel que soit son prix de vente sur le marché marocain, elle ne peut que dégager des profits. En plus, la politique volontariste de l’Etat turc, la dévaluation de la devise locale ainsi que la largesse du marché sont des atouts non négligeables dont profitent entreprises turques. Chez nous au Maroc, on est obligé d’avoir des marges élevées compte tenu des coûts financiers et des intrants. Nous sommes encore en train d’amortir nos invetissements. En plus, les Turcs, contrairement aux Américains, s’intéressent aux marchés des PME.
Quelles sont vos attentes vis-à-vis de vos partenaires ?
Nous tenons à couper avec toute démarche revendicative. Nous nous voulons une force de proposition. Le principal volet : le financement. Nous avons arrêté une charte avec le système bancaire afin de lever le blocage qui existe. La PME ne peut vivre sans le banquier et le banquier reste le financier classique à 95 % du tissu économique. Cette charte est faite pour rapprocher les intérêts. Nous comptons aller vers plus de nouveaux instruments de financement. Plusieurs fonds existent, comme le Foman de 400 millions de DH dont seulement 10 % utilisés, mais malheureusement nous, nous ne sommes pas encore adaptés à ce genre de financement. Nous souhaitons également la création d’un fonds de restructuration financière. Nous avons constaté que plusieurs PME n’ont pas de problème de matériels et d’investissement mais essentiellement celui de fonds de roulement. À défaut de garanties à donner, les banques ne suivent pas. Disposer de liquidités est assurément un moyen de pérennisation des PME-PMI. Deuxième aspect, la fiscalité. Nous sommes convaincus qu’une TVA à 20 % bloque la consommation et rend le marché plus étroit. Nous voulons réaliser une étude pour savoir quel impact de la baisse de la TVA sur la consommation. Troisième volet, la déclaration à la CNSS.
Il faut savoir que tous les ouvriers des années 70, qui travaillaient dans le textile, le BTP et autres secteurs, arrivent à la retraite. C’est une bombe à retardement. Nous voulons anticiper ce genre de problèmes pour les futures générations. Notre message est clair : PME-PMI votre rôle est de déclarer l’ensemble de vos salariés.

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