E-commerce : Le grand boom !

E-commerce : Le grand boom !

Les commerçants et e-marchands ont enregistré, durant l’année 2015, 32,8 millions d’opérations de paiement, par cartes bancaires pour un montant global de 22,9 milliards de dirhams.

Le développement du commerce électronique au Maroc se fait à un rythme accéléré. Ces dernières années, nous assistons à un réel boom des demandes de déploiement de solutions de paiement en ligne avec une explosion des volumes de ventes. Le point donc sur les chiffres, les acteurs et les nouveautés de l’e-commerce marocain.

L’accès à Internet au service de l’e-commerce

Selon le dernier rapport en date de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), le Maroc compte plus de 14,4 millions d’abonnés Internet, soit une croissance trimestrielle de 4,12% et annuelle de 45,16%. Ainsi, le taux de pénétration Internet se serait établi vers la fin de l’année 2015 à 42,75%, ce qui signifie que près d’un Marocain sur deux disposerait d’un abonnement Internet, et que la communauté d’internautes s’élèverait à plus de 19 millions de Marocains. Un net avantage est néanmoins à souligner pour l’Internet mobile (qui représente 92,16% des parts de marché de l’Internet), dépassant de loin l’ADSL en nombre d’abonnements. Cette évolution de l’accès à Internet se reflète directement sur les chiffres de l’activité monétique.

Les transactions bancaires : Un indicateur direct

Les commerçants et e-marchands affiliés au Centre monétaire interbancaire (CMI) ont enregistré, durant l’année 2015, 32,8 millions d’opérations de paiement, par cartes bancaires marocaines et étrangères, pour un montant global de 22,9 milliards de dirhams. Ces chiffres sont en progression de 17,1% en nombre et de 9,6% en montant par rapport à l’année précédente. De même, les sites marchands affiliés au CMI ont réalisé 2,5 millions d’opérations de paiement en ligne via cartes bancaires, marocaines et étrangères, pour un montant global de 1,330 milliard de dirhams durant l’année 2015, en progression de 22,5% en nombre et 12,4% en montant par rapport à l’année précédente. En ce sens, l’activité des cartes marocaines a évolué de 22% en nombre d’opérations, en passant de 1.943.641 transactions durant l’année 2014 à 2.371.067 transactions en 2015, et de 14,7% en montant, en passant de 1,046 milliard de dirhams durant l’année 2014 à 1,200 milliard de dirhams durant l’année 2015. Aussi, l’activité des cartes étrangères a évolué de 37,1% en nombre d’opérations, en passant de 69.711 transactions durant l’année 2014 à 95.555 transactions en 2015, et de 5,6% en montant, en passant de 137,2 millions de dirhams durant l’année 2014 à 129,6 millions de dirhams durant l’année 2015.

Qui fait l’essentiel de ces chiffres?

Il s’agit donc là d’un marché énorme qui profite à une multitude d’acteurs et à de tout nouveaux opérateurs qui depuis quelques années se sont forgé une place au paradis. Ainsi, en plus des acteurs traditionnels de la banque et de la monétique, de nouveaux acteurs du e-paiement et des e-commerçants font, tous les jours, leur entrée sur ce marché. En effet, le montant traité sur le plan domestique est accaparé essentiellement par les facturiers dont les 3 opérateurs télécoms nationaux permettent aussi bien le règlement des factures que des recharges téléphoniques. Ensuite, viennent les distributeurs d’eau et d’électricité qui sont talonnés directement par les compagnies aériennes avec la vente de billets d’avions électroniques. De même, plus récemment, les professionnels du secteur du e-commerce ont pu constater de plus en plus d’achats de billets d’avion de la part de ressortissants africains, soit à partir de la France ou de leurs pays d’origine. En tout cas, ces 3 grands segments constituent près de 81,3% du volume d’affaires lié au e-commerce marocain l’année dernière. Pour le reste, il s’agit des nouveaux arrivants sur le marché, notamment l’ensemble des sites marchands qui sont actuellement au nombre de 700, avec une hausse nette annuelle de 150 sites. Dans cette catégorie si de grands players arrivent à se démarquer par leurs volumes, à côté, quelques autres sites ont réussi à se frayer une place et sont orientés surtout vers la vente de produits électroniques.

Encore des défis à relever…

Si aujourd’hui la cadence effrénée du développement du e-commerce est indéniable au Maroc, les professionnels relèvent que le secteur fait face à de nombreux obstacles qui entravent l’augmentation à la fois de l’offre et de la demande. En effet, les démarches qui précèdent la mise en place des solutions de paiement en ligne sont trop compliquées et s’en trouvent onéreuses pour que les micro-entreprises et les coopératives artisanales et agricoles puissent basculer à la vente en ligne. Ainsi, le pays gagnerait à faire un travail de simplification et d’allégement des frais de déploiement de solutions de paiement en ligne.
Et pour leur part, les commerçants doivent penser à s’investir dans un effort de traduction de leurs sites en langue arabe, actuellement sous-représentée malgré son fort potentiel. De même, ils devraient s’orienter vers le mobile, en proposant des applications facilitant l’accès depuis smartphones.
Enfin, des efforts doivent aussi être fournis afin d’offrir aux acheteurs une meilleure expérience utilisateur et leur inspirer confiance. Un atout qui peut s’avérer très porteur s’il est bien cultivé.

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