EAU-Maroc : la règle d’origine encadrée

Dorénavant, aucun produit ne pourra être importé des Emirats Arabes Unis vers le Maroc et vice versa, sans transiter par une commission bilatérale censée examiner à la loupe l’origine du produit. Jusque-là, dans le cadre des accords de libre-échange signés entre les deux pays, d’importants avantages sur les droits de douane sont appliqués quand le produit concerné est fabriqué à 40% dans le pays exportateur. Mais, mal appliquée, cette règle des 40% allait très vite montrer ses limites. D’où la mise en place de ce dispositif, l’une des conclusions importantes de la première réunion de la commission technique tenue les 4 et 5 mai 2006.Sont concernés directement, comme l’a précisé Mustapha Mechahouri, ministre du Commerce extérieur, les produits agricoles et agro-industriels. Le dernier bras de fer entre producteurs marocains et importateurs de lait, conclu par un blocage puis un renvoi de cargaisons entières hors du Maroc, a fortement inspiré cette résolution qui figure dans le procès-verbal signé vendredi 5 mai 2006.
De même, un deuxième accord concerne les céramiques. Le contingent dédié à ce produit passe de 90.000 à 260.000 tonnes, hors droits additionnels de 1,5 dirham le mètre carré.
Les deux parties se sont engagées à renforcer par ailleurs, la collaboration entre les Douanes des deux pays. Ce qui doit aboutir à la mise en place d’un comité inter-douane pour aider aux éventuels problèmes pouvant naître à partir de l’exportation de produits à partir d’une zone franche comme celle de Jbel Ali.
Au delà des échanges économiques, M. Méchahouri, satisfait du bon climat dans lequel se sont déroulés les entretiens entre les experts des deux pays,  note l’importance  des  investissements émiratis dans les secteurs du tourisme et de l’économie (9 milliards dirhams). Pourt sa part, Cheikha Loubna Bent Khalid Al-Kacemi, ministre émiratie de l’Economie et de la Planification, accompagnée d’une importante délégation composée notamment des représentants des secteurs privé et public ainsi que des représentants des Chambres du commerce des Emirat est revenue sur les nombreuses opportunités offertes par le Maroc aux investisseurs émiratis. Pour madame la ministre, la mise à profit des multiples accords bilatéraux relatifs notamment à la protection des investissements et à la non-double imposition, sont à même de favoriser un partenariat fructueux. Rappelons que cette commission mixte,  conséquence de l’accord de zone de libre-échange entre les deux pays, a pour but de consolider la coopération bilatérale dans les domaines économique et commercial. La présence d’une quanrataine de responsables émiratis appartenant aux secteurs public et privé montre si besoin en est, toute l’importance accordée par ce pays au Maroc.


 La balance commerciale penche vers Dubaï


L’accord de libre-échange entre le Maroc et les Emirats Arabes Unis, signé en 2001, entré en vigueur en 2003, devra se traduire par l’accélération des échanges entre les deux pays. Pour le moment, le volume global de ces échanges atteint 125 millions de dollars (chiffres de 2005), en augmentation de 94% sur une seule année. Cette hausse s’est faite beaucoup plus dans le sens Emirats vers le Maroc, avec un volume d’échanges de 96 millions en 2005 contre 52,66 millions de dollars, en 2004. Pendant ce temps, les exportations marocaines vers les EAU sont restées en deçà de 30 millions de dollars en 2005 contre 13,91 millions en 2004.


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