Éditorial : Investissement capital

Le capital arabe veut plus que jamais s’implanter au Maroc pour y créer de la richesse. C’est un fait incontestable. Pour preuve, la création récente d’un club des investisseurs arabes qui rassemble plus d’une vingtaine d’entreprises qui sont déjà installées dans le pays. Ce chiffre n’est pas figé. Bien au contraire. C’est aux autorités marocaines de faire en sorte que l’investissement arabe croît, progresse et se développe non pas en courtisant les hommes d’affaires potentiels mais en créant les conditions favorables à leur implantation dans le royaume et à l’encadrement de leurs projets. L’encadrement ! C’est justement ce qui fait défaut à l’investissement arabe au Maroc. En effet, ce dernier souffre d’un manque de visibilité certain dû à l’absence des mécanismes opérationnels comme les associations et les chambres professionnelles à même d’organiser et de canaliser ses efforts dans le sens d’une visibilité cohérente et une profitabilité conséquente. À la différence des Français et des Espagnols qui disposent localement d’une multitude d’outils et de leviers tels que les chambres de commerce et de services économiques actifs à l’intérieur de leurs représentations diplomatiques, les investisseurs arabes, eux, ne possèdent pas ce type d’encadrement dynamique. C’est la pierre fondamentale qui manque généralement à l’édifice des relations économiques et commerciales entre les pays arabes. Ces dernières sont marquées par un foisonnement de commissions sur ceci ou cela et des accords de coopération dans tel ou tel domaine. Ces commissions sont souvent inutiles étant donné que l’administration n’est pas capable ou n’a pas le temps pour une raison ou une autre de matérialiser les choix faits par les décideurs politiques. Ce qui manque en fait ce sont des instruments spécifiques dédiés au suivi de la mise en oeuvre des décisions prises à l’échelle des États et des gouvernements arabes dans le cadre des ces commissions. D’où la nécessité de mettre en place des organes privés réunissant dans un même cadre les opérateurs économiques marocains et leurs homologues de tel ou tel pays arabe. Les opportunités et les actes d’investir sont d’abord et surtout l’affaire des hommes d’affaires et non pas de l’État dont le rôle doit être celui de facilitateur qui réglemente et oriente en élaborant une vision stratégique aux contours clairs en matière d’investissement de type arabe. Le Maroc dépense beaucoup d’argent à faire fonctionner tant bien que mal des départements censés stimuler les investissements extérieurs alors qu’il aurait été plus efficace de miser sur des initiatives de type civil à l’image du club des investisseurs arabes pour drainer les capitaux arabes. Le 11 septembre représente un tournant majeur dans le domaine des investissements arabes. Une opportunité que le Royaume, qui a fait de l’ouverture économique un choix irréversible, est appelé à saisir pour recevoir la part qu’il mérite dans ces flux substantiels et tirer profit du savoir-faire et la technicité dont dispose l’investisseur arabe dans nombre de secteurs d’activités de pointe. Ceci passe inévitablement par la reconsidération des pouvoirs publics de leur stratégie et de leur vision envers le capital arabe dont le porte-drapeau est une nouvelle race de managers et d’hommes d’affaires.

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