El Hassane Hzaine: «Nous devons développer une chaîne de valeur régionale»

El Hassane Hzaine: «Nous devons développer une chaîne  de valeur régionale»

ALM : Le CIDC est réuni aujourd’hui pour étudier l’impact de la nouvelle génération d’accords commerciaux de libre-échange. Quelle est la particularité de ces dispositifs ?
 

El Hassane Hzaine : Les accords de libre-échange régionaux ne datent pas d’aujourd’hui. Nous pouvons énumérer dans ce sens trois étapes au fil desquelles la structure des accords a changé. C’est cette troisième vague, ayant vu le jour en 1995, que nous désignons de nouvelle génération. Sa particularité réside dans son approche qui contrairement aux accords traditionnels n’est pas linéaire. Ainsi, les pays peuvent commencer dès le début des négociations par un chapitre qui normalement ne peut être abordé qu’à un troisième ou un quatrième niveau. Citons dans ce sens les questions de l’investissement, des droits à la propriété intellectuelle ou encore de la concurrence. La nouvelle génération des accords commerciaux de libre-échange aborde également des thèmes qui n’étaient pas inclus dans les accords traditionnels dont l’objectif était juste d’éliminer les barrières au commerce de marchandises. Or, nous nous attaquons maintenant à la fois au commerce des marchandises et à celui des services. Au-delà de l’approche, la grande différence à mon avis réside dans les engagements des pays qui dépassent ceux formulés au niveau de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Certaines questions qui sont testées au niveau régional ne sont toujours pas abordées au niveau de l’OMC.

Comment les pays de l’OCI devraient tirer profit de cette nouvelle configuration ?

Comme vient de signaler le ministre chargé du commerce extérieur, il est temps d’établir une feuille de route pour les 57 pays de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Nous devons penser à la position à prendre face aux groupements partenaires, notamment l’Union européenne, les États-Unis, la Chine et le Japon. Donc, tout engagement des pays de l’OCI avec d’autres groupements pourrait porter atteinte à nos intérêts et à nos acquis sur le marché. A ce stade, il faut donc un double agenda. Tout d’abord : se prémunir et prendre les mesures préventives pour éviter l’impact négatif des grands groupements auxquels nous ne sommes pas associés. Deuxièmement, il faut revisiter les accords déjà existants pour qu’ils deviennent des leviers de développement pour le commerce et l’investissement dans la région. Je citerais dans ce sens le projet de la grande zone de libre-échange entre les pays arabes qui jusque-là n’a pas abouti à des résultats satisfaisants. Nous devons, par ailleurs, développer une chaîne de valeur régionale axée sur un commerce des tâches, impliquant ainsi tous les pays partenaires dans la fabrication d’un produit.

Quelles sont les opportunités commerciales qu’offre la région ?

Il existe une multitude d’opportunité. Je viens d’ailleurs de présenter récemment une étude à Djeddah qui démontre ce potentiel. Le commerce entre les pays de l’OCI est à 400 millions de dollars actuellement. Ces échanges peuvent atteindre un trillion de dollars si on arrive à lever les barrières qui entravent l’essor du commerce dans la région.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *