Emballage : Un secteur qui ne s’emballe pas

Emballage : Un secteur qui ne s’emballe pas

Au Maroc, on ne consomme pas beaucoup d’emballages. Chaque habitant ne consomme par an que quelque 20 kg, loin derrière un habitant de l’Union européenne qui consomme une moyenne de 200 kg par an. Le constat est celui de la Mission économique française dans une note sectorielle rendue publique dernièrement. «Le Maroc apparaît comme un marché faiblement utilisateur d’emballages.
Si certains freins anciens au développement de ce secteur perdurent aujourd’hui, d’autres disparaissent progressivement et l’on peut même estimer que le contexte actuel pourrait favoriser un décollage significatif de cette activité à moyen terme», résume le document qui fait remarquer que l’industrie la plus importante en terme de production dans notre pays demeure celle de l’emballage papier/ carton (56% du marché de l’emballage). «Le poids du plastique (19%) semble toutefois être sous-estimé, le marché informel n’étant pas pris en compte. Les différentes industries se caractérisent par une forte concentration, à l’exception du plastique», ajoute la note sectorielle.
Autre constat des experts de la Mission économique française, la concurrence est ainsi peu développée. «Trois groupes produisent la totalité du carton ondulé marocain, trois autres contrôlent 95% du marché de la boîte métallique, un seul détient le monopole de la fabrication des bouteilles et gobelets en verre, un autre, enfin, celui des emballages composés à base d’aluminium.
Seule l’industrie des emballages en plastique, avec entre 250 et 350 entreprises, fait exception». Et d’ajouter qu’il s’agit d’un secteur où la concurrence n’est pas réellement saine puisque plus de 30% environ des opérateurs agissant dans l’informel. «Au final, le niveau de l’industrie marocaine de l’emballage pourrait gagner en technicité et en compétitivité si la concurrence y était plus vive. Mais elle bénéficie d’un marché relativement captif et encore protégé pour quelques années par des droits de douane conséquents. Ceux-ci atteignaient encore 35% pour la plupart des produits en mars 2005 et ne seront ramenés à 0% qu’en 2012 pour les produits originaires de l’Union européenne», précise le document.
L’emballage est aussi un secteur qui importe de plus en plus. Une tendance qui se précise depuis 2002. Le principal fournisseur étranger du Maroc est l’Espagne. «Même si leurs effets sont encore limités, les nombreux accords de libre-échange conclus récemment (avec l’Union européenne, les Etats-Unis ou encore les pays arabes avec l’accord d’Agadir) auront un impact sur l’économie marocaine en général et sur le secteur de l’emballage en particulier», commente l’étude avant de préciser que si certains industriels y voient une menace pour leur secteur, cette baisse progressive des droits de douane constitue néanmoins un facteur double de dynamisation de la filière permettant d’abord une augmentation de la compétitivité par une baisse des coûts des matières premières importées et une réorganisation et une «mise à niveau» obligatoire du secteur marocain de l’emballage, tant en terme de qualité que de productivité, pour faire face aux nouveaux importateurs de produits finis.

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