En avant toute

Le groupe IMTC renforce sa flotte. La dernière acquisition en date de cette entreprise maritime en vue, un porte-container baptisé “ Toubkal“. Une belle unité maritime de 10 millions de dollars que le ministre du Transport et de la Marine marchande a tenu à inaugurer et à visiter en compagnie de son staff, vendredi 30 août, au port de Casablanca. Grand moment de fierté pour le secteur et pour le président d’IMTC, le commandant Mohamed Karia.
En effet, le Toubkal est actuellement le plus grand navire marocain de transport de marchandises. Avec une capacité de 976 containers, un port en lourd de 9750 tonnes. Un géant des mers long de 134 mètres et large de 22,70 mètres. Une puissance de 18,5 noeuds et une consommation jour de fuel de 32 tonnes. Doté d’un équipement de communication de pointe, ce bâtiment de construction danoise est âgé d’une dizaine d’années. Mais, comme l’a souligné à juste titre Mohamed Karia, la valeur des bateaux se compte actuellement moins en nombre d’années qu’en termes de maintenance et d’entretien. D’ailleurs, le paquebot “ Le France“ construit en 1960, ne navigue-t-il pas dans les Caraïbes jusqu’à aujourd’hui ?
Avec ce nouvel investissement, IMTC porte sa flotte à 10 unités dont deux car-ferry, Atlas et le Rif. Des investissements colossaux et réguliers d’une centaine millions de dollars que le groupe a consenti depuis sa création en 1987. Ce qui n’était au début qu’une petite entreprise disposant d’un seul bateau est devenue aujourd’hui la première société privée au Maroc en nombre de navires et en tonnage transporté. Avec des représentations dans nombre de pays. Le secret de la réussite d’IMTC, composé de 5 sociétés (IMTC armateur, Comarship, Tanc, CCL, IMTC voyages) réside dans la stratégie d’action mise en place : un service de transport complet et intégré entre le Maroc et les destinations européennes à des prix compétitifs.
Pari réussi. C’est que le commandant Mohamed Karia est un professionnel connu et reconnu. Une expérience de près de 40 ans dans le maritime, ce n’est pas rien. Acquise essentiellement des années durant lorsqu’il prenait la mer à bord d’un navire du nom du Toubkal. C’est par nostalgie, a-t-il confié dans son discours à cette occasion, qu’il a donné ce nom a son nouveau porte-containers.
Cependant, ce qui désole Mohamed Karia, c’est la situation du transport maritime nationale qui aurait pu être meilleure qu’elle ne l’est aujourd’hui. Dans son allocution, il n’a pas manqué de dresser un état des lieux peu reluisant : 90% du trafic est réalisé par le pavillon étranger alors que la flotte nationale réalise à peine 10%. Très peu. Aucun navire marocain, ajoute M. Karia, ne participe au transport des 50 millions de tonnes de vrac importés ou exportés du Maroc. Pour un pays qui possède deux grandes façades maritimes, ce constat a de quoi interpeller. D’où la nécessité d’une révision en profondeur de la politique nationale en la matière afin de jeter les jalons d’un développement réel de ce secteur stratégique à même de permettre au pays d’atténuer sa dépendance vis-à-vis de l’armement étranger pour ses échanges commerciaux. Dans ce sens, Mohamed Karia, connu pour son franc parler, a lancé un appel aux banques pour baisser leurs taux d’intérêt jugés élevés par rapport à la concurrence dans le monde et à l’État marocain pour garantir les investissements dans ce créneau porteur.
En attendant, le Maroc a signé récemment un accord avec la Syrie et la Jordanie, rejoints également par l’Égypte et le Liban, en vue de la création d’une compagnie arabe pour développer les échanges Machrek/Maghreb. L’étude de faisabilité de ce projet de ligne maritime, qui pourrait voir le jour fin 2002, est revenu à la partie marocaine. L’espoir est d’autant plus grand chez les professionnels de voir le Maroc retrouver la voie d’un véritable essor portuaire que le souverain a lancé récemment les travaux pour la construction du nouveau port de Oued Rmel sur la Méditerranée. Un complexe d’envergure et structurant qui laisse entrevoir des perspectives d’une réelle relance économique dans les provinces du nord. Quant à IMTC, confiante dans l’avenir, elle est décidée à maintenir le cap. Avec davantage d’efforts et d’investissements. Parole du “captain“ Karia.

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