Énergie : France : Les vents porteurs de l’éolien

Les principaux groupes français d’énergie, sauf Total, se renforcent dans l’éolien, profitant des vents porteurs d’un secteur en pleine croissance, longtemps boudé par la France du nucléaire.
Ces entreprises n’ont pas manqué ces derniers jours de vanter leurs projets dans cette énergie renouvelable, à deux semaines des discussions finales du Grenelle de l’environnement.  GDF a annoncé mardi le rachat d’Erelia, qui développe des parcs éoliens en France, après avoir créé une co-entreprise nommée Maïa Eolis avec le fabricant et exploitant d’éoliennes Maïa Sonnier.
L’objectif de GDF est de produire 10% de l’électricité éolienne en France d’ici 2010, et de disposer de 2.000 MW d’ici fin 2012, dont la moitié en France et l’autre moitié en Italie, Royaume-Uni, Espagne-Portugal, et Pologne.  Pendant que GDF se concentre sur l’Europe, le groupe d’énergie Suez, qui doit fusionner avec le gazier en 2008, vise l’Amérique du Nord et surtout les Etats-Unis, où «tout va extrêmement vite» dans l’éolien, à partir du rachat, finalisé fin septembre, du canadien Ventus, avec 2.000 MW.
Alors que les turbines manquent dans ce secteur en plein développement, le groupe nucléaire Areva, qui n’est pas parvenu à acheter le fabricant allemand d’éoliennes REPower –dont il détient cependant 30-, a pris à la mi-septembre 51% du fabricant allemand de turbines offshore Multibrid.
En France, le petit Poweo devance toutefois GDF après son rachat, en juillet, du numéro trois du secteur dans l’Hexagone, Espace éolien développement, qui dispose de 400 MW.  Le champion français de l’éolien est paradoxalement EDF Energies Nouvelles, une filiale du groupe EDF, grand promoteur de l’énergie nucléaire, source de près de 80% de son électricité.  EDF a pris au début des années 2000 le contrôle de SiiF Energies, devenu en 2004 EDF EN, qui dispose en France de plus de 500 MW, selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER).
Avec les grands groupes, «le secteur se consolide», note le SER, à l’instar des concurrents européens comme l’allemand EON, qui a annoncé jeudi le rachat des activités éoliennes de l’irlandais Airtricity en Amérique du Nord. Bien que le parc français double chaque année depuis 2004, l’Hexagone est en retard par rapport à ses voisins, avec 2.300 MW en 2007, contre 22.000 en Allemagne et 11.000 en Espagne.
«Si on veut atteindre les objectifs européens repris dans le Grenelle, il faut atteindre en 2020 le niveau actuel de l’Allemagne», rappelle André Antonili, président du SER et ancien dirigeant d’EDF EN.
L’éolien a décollé en France quand les tarifs de revente à EDF ont été améliorés en 2006, et des zones de développement définies, même si le principal frein dans l’Hexagone reste les riverains.  Des opposants à l’éolien ont manifesté samedi dernier à Paris, emmenés par Chasse Pêche Nature Traditions (CPNT) et des associations de défense du patrimoine. Pour eux, 25.000 MW d’éoliennes ne ferait diminuer les émissions de CO2 que de 0,5%.
Pourtant 90% de Français seraient favorables à l’éolien, selon un sondage LH2 publié fin septembre. Erelia fait valoir à cet égard qu’il implique beaucoup, y compris financièrement, les habitants des zones concernées.
Seule note discordante dans cet engouement, Total, dont le patron a affirmé mercredi qu’il laissait l’éolien "à d’autres", préférant développer la biomasse et le solaire.
Ses propos ont surpris au sein du SER, dont Total est administrateur. Le groupe pétrolier exploite pourtant des éoliennes dans le Nord et est candidat à l’un des plus gros projets français d’éolien, dans l’Aveyron.

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