Énergie : Hausse des prix du gaz en France à partir du 1er mai

Le gouvernement a finalement donné son feu vert samedi à une dernière hausse des prix du gaz avant l’élection présidentielle, en la limitant à 5,8% malgré la pression de Gaz de France et de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Cette augmentation des prix du gaz a pris du retard puisqu’elle devait avoir lieu le 1er avril. Quelque 11 millions de clients particuliers abonnés au gaz sont concernés. Le chiffre de 5,8% avait été recommandé par une commission indépendante chargée de réfléchir à l’évolution des tarifs du gaz. La précédente hausse des tarifs du gaz remonte au 1er novembre 2005. L’augmentation de 12% avait toutefois été atténuée pour les cinq mois d’hiver par divers gestes commerciaux, réduisant au final l’augmentation pour les ménages à 3,8% en moyenne jusqu’à fin mars. La hausse de novembre avait été justifiée par l’envolée du coût du gaz, conséquence directe de la flambée continue du prix du pétrole, et faisait suite à une précédente hausse de 2,6% en septembre et de 4% en juillet. Le groupe Gaz de France, détenu à 80% par l’Etat, avait pourtant sollicité une hausse beaucoup plus importante de 8,1%.
GDF estime que le chiffre 5,8% ne prend pas en compte la hausse des coûts "hors approvisionnement", pourtant prévue par un arrêté de juin 2005, et se contente de répercuter la hausse des prix des matières premières. La CRE semble du même avis, car elle explique, dans un avis paru aussi samedi au Journal officiel, que cette hausse "ne répercute pas intégralement l’évolution des coûts d’approvisionnement de Gaz de France" et recommande une hausse de 6,2%. En outre, la CRE estime que l’arrêté publié samedi "supprime la règle d’évolution périodique des tarifs de Gaz de France établie par l’arrêté du 16 juin 2005" et donc "diminue la transparence et la visibilité du dispositif pour les fournisseurs et les clients". L’arrêté de juin 2005 prévoyait une augmentation des prix du gaz le 1er juillet 2005, le 1er novembre 2005, puis tous les trois mois à compter du 1er janvier 2006. Cette décision visait à donner aux investisseurs plus de visibilité sur la réglementation tarifaire Compte tenu de l’entrée en Bourse de GDF l’été 2005. Mais le 21 mars, les ministres de l’Economie, Thierry Breton, et de l’ Industrie, François Loos avaient souhaité "engager rapidement" la mise en place d’une nouvelle méthode tarifaire, fondée "sur l’appréciation directe par la CRE de l’évolution des coûts d’approvisionnement en gaz". Dans ce cadre, la révision des prix interviendrait chaque année au 1er juillet, et non tous les trimestres.

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