Energie : Le pétrole au plus bas niveau depuis un an

A New York, le baril de "light sweet crude" pour livraison en décembre a clôturé vendredi 17 novembre en baisse de 45 cents à 55,81 dollars après avoir reculé jusqu’à 54,86 dollars pendant les échanges électroniques, un prix qui n’avait pas été mentonné depuis le 14 juin 2005, avant que l’ouragan Katrina ne frappe les côtes américaines.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 45 cents à 58,99 dollars, sur l’échéance de janvier. Il a touché en matinée son plus bas niveau depuis un an, à 57,85 dollars.
La différence entre les deux prix et la faiblesse particulière du contrat new-yorkais s’expliquent par l’expiration imminente de l’échéance de décembre. Le contrat de janvier a gagné 28 cents à 58,97 dollars à New York.
«Un tel mouvement de baisse s’était déjà produit au moment de l’expiration des contrats de septembre et d’octobre (…) et il ne serait pas surprenant de voir les cours rebondir dès lundi», a estimé Bill O’Grady, analyste d’AG Edwards.
Les analystes citaient d’autres raisons à la chute des cours depuis jeudi: liquidations généralisées dans le secteur des matières premières, températures douces pour la saison aux Etats-Unis, relativement bonne tenue des stocks de produits distillés américains, qui restent de 6% supérieurs à leur niveau de l’an dernier, malgré leur recul de 16,5 millions de barils depuis six semaines.
C’est dans ce contexte que la stratégie de l’Organisation des pays exportateurs depétrole (Opep) pour soutenir les prix continuait de susciter des interrogations sur le marché.
En octobre, le cartel avait annoncé une baisse, effective à partir du 1er novembre, de 1,2 million de barils par jour de sa production pétrolière. Les investisseurs avaient accueilli cette nouvelle avec défiance, attendant de pouvoir mesurer la quantité réelle de brut soustraite au marché. Jeudi, le cabinet de conseil Oil Movements a estimé que loin de diminuer sa production, l’Opep avait en fait augmenté ses exportations de 210.000 barils par jour depuis le 4 novembre.
«Il n’est pas encore possible de mesurer physiquement l’impact de cette baisse, mais de toute façon le marché reste largement approvisionné», nuançait Jason Schenker de Wachovia Securities.
«On devrait être entre 600.000 et 1,1 million (de production en moins, ndlr)», estimait pour sa part Simon Wardell, analyste chez Global Insight, soulignant également qu’il était trop tôt pour tirer des conclusions certaines.
Mercredi dernier, avant le nouveau plongeon des cours, l’Opep avait estimé avoir «largement atteint» son objectif de «stabiliser les marchés et d’enrayer la chute des prix observée lors des derniers mois». Mais l’incursion sous 55 dollars, si elle se répétait et s’aggravait, pourrait «doucher» ce triomphalisme. «Cela va augmenter la pression sur l’Opep, et peut-être l’inciter à réduire plus amplement sa production», a estimé Tom Bentz, courtier chez BNP Paribas à Washington.

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