Énergie : Les prix du pétrole montent à l’approche de Felix

Le pétrole grimpait lundi, les opérateurs surveillant la trajectoire de l’ouragan Felix, qui pourrait menacer des plates-formes pétrolières mexicaines offshore, le marché étant néanmoins peu actif en raison de la fermeture de New York due au «Labour Day». Sur l’Intercontinental Exchange de Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre gagnait 40 cents à 73,09 dollars. Sur la plate-forme d’échanges électroniques du New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour livraison en octobre prenait 19 cents, à 74,23 dollars.
A New York, le Nymex est fermé lundi en raison du «Labor Day», la fête du travail aux Etats-Unis: seuls les échanges électroniques fonctionnent. «Les échanges vont être réduits aujourd’hui (lundi) et le marché va surtout s’intéresser à la trajectoire de l’ouragan Felix», a averti Olivier Jakob, du cabinet spécialisé Petromatrix. L’ouragan Felix s’est en effet à nouveau renforcé dimanche en devenant un ouragan majeur de catégorie 5, la plus élevée, et il se dirige vers le Belize et la péninsule mexicaine du Yucatan, a annoncé dimanche le Centre américain de surveillance des ouragans (NHC) à Miami (Floride, sud).
«Il est encore trop tôt pour savoir si sa trajectoire va l’emmener vers les champs pétroliers de la baie mexicaine de Campeche, mais la Pemex (la société nationale des pétroles mexicains, ndlr) va à nouveau devoir prendre une décision plus tard dans la journée (lundi) ou demain (mardi) quant à l’évacuation de ses champs pétroliers, alors qu’elle vient seulement d’annoncer un retour à une production de 100% après le passage de Dean», a-t-il ajouté. Le 20 août, Pemex avait en effet fait évacuer par précaution ses plates-formes de la baie de Campeche, annonçant une interruption de production de 2,7 millions de barils par jour environ. Ayant encore en mémoire les dégâts importants causés par Katrina et Rita à l’été 2005, les opérateurs sur le marché du pétrole sont très nerveux tout au long de la saison des ouragans, qui s’étend dans le bassin Atlantique jusqu’en novembre. La semaine dernière, les cours avaient repris près de trois dollars à New York et deux dollars à Londres: vendredi, le discours du président de la Réserve fédérale (Fed) avait fait descendre d’un cran la nervosité du marché quant aux répercussions de la crise des crédits immobiliers à risque (suprime), en déclarant que la banque centrale américaine était disposée à agir si nécessaire pour «apporter des liquidités et favoriser le fonctionnement harmonieux des marchés». Les craintes sur la crise du crédit s’estompant, les investisseurs avaient reporté leur attention sur la situation, jugée tendue, de l’offre de brut. Le marché s’inquiéte notamment du niveau très bas des réserves pétrolières américaines: le rapport hebdomadaire du département américain de l’Energie (DoE) avait annoncé mercredi un plongeon des stocks de brut américains de 3,5 millions de barils, sur la semaine achevée le 24 août, et un déclin des réserves d’essence de 3,6 millions de barils. Les stocks d’essence ne couvrent désormais que 20 jours de consommation, soit moins qu’après le passage des ouragans Katrina et Rita, en 2005. Les cours sont par ailleurs soutenus par le scénario fortement probable, selon lequel l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) maintiendrait inchangés ses niveaux de production à Vienne, lors de sa prochaine réunion le 11 septembre. En dépit des appels des pays consommateurs à relever les niveaux de production, le cartel semble de plus en plus déterminé à ne pas agir.

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