Énergie : L’industrie française mal en point

La production industrielle du pays a reculé de 0,9% par rapport à janvier, après une hausse de 0,3% le mois précédent, a indiqué l’Insee. Ce chiffre est nettement en deçà des attentes des économistes, qui tablaient sur une variation de +0,2%. Ils se montrent d’autant plus surpris que les derniers chiffres mesurant le moral des industriels étaient plutôt solides. Il est vrai qu’ils ne prenaient pas encore en compte les répercussions potentielles de la longue crise autour du CPE (contrat première embauche). Le conflit est désormais en voie de résolution avec le retrait annoncé lundi de l’article litigieux. Si la tendance la plus inquiétante en février aux yeux des experts est celle de l’automobile, qualifiée de "point noir" avec un repli de 3,9% par rapport au mois précédent, il n’est guère de secteurs qui échappent à la baisse, en particulier les biens d’équipement (-1,3%).
"En fait, c’est simple, depuis 2004, l’industrie française est au point mort", déplore Nicolas Bouzou, de Xerfi, pour qui "décidément, on ne s’en sort pas". Marc Touati, de Natexis Banques Populaires, la juge même à l’image de l’état actuel de l’économie française, c’est-à-dire "en chute libre".
D’autres, comme Olivier Gasnier, de la Société Générale, sont moins catégoriques: pour lui, "les chiffres ne sont pas aussi mauvais qu’ils paraissent" et demeurent compatibles avec l’embellie attendue de la croissance au premier trimestre. Interrogé à ce sujet, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a mis en garde contre la "volatilité" des chiffres d’un mois sur l’autre, et jugé que la France demeurait sur une "bonne tendance", proche de son "potentiel de croissance", soit environ 2%. Mais tous les économistes font valoir l’incapacité de la France à tirer profit du dynamisme ambiant.
La tendance française "contraste fortement avec le dynamisme de la production industrielle mondiale, qui progresse sur un rythme de 5%, dont 16% en Chine", relève Emmanuel Ferry, de Exane BNP Paribas. Une illustration de ses défauts, selon lui: "retard technologique, mauvaise spécialisation industrielle (pas de position dominante), sous-exposition sur les zones à forte croissance".

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