Énergie : Pétrole : Le baril dépasse les 82 dollars

Les prix du pétrole sont partis pour rester très élevés, principalement en raison du déséquilibre entre l’offre et la demande, auquel s’ajoutent les tensions géopolitiques avec l’Iran, mais une forte baisse de la croissance mondiale pourrait inverser cette tendance. Malgré la décision de l’Opep, mardi dernier, d’augmenter sa production de brut de 500.000 barils par jour à partir du premier novembre, les prix du baril d’or noir ont pris 3,5 dollars en une semaine. Mardi dernier, ils ont inscrit record sur record, grimpant jusqu’à 82,38 dollars le baril à New York. Le secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Abdellah el-Badri, contacté par l’AFP, n’a pas souhaité commenter ces nouveaux sommets. Vendredi dernier, il avait affirmé que les prix ne devraient pas se maintenir à 80 dollars le baril, car d’après lui «les fondamentaux ne soutiennent pas ce prix».
Mais pour de nombreux analystes, la flambée devrait se poursuivre.
La banque américaine Goldman Sachs table sur un baril à 85 dollars à la fin de l’année, avec «la forte probabilité d’un pic à 90 dollars» entre-temps, et prévoit 95 dollars le baril pour la fin 2008.
Pour Francis Perrin, directeur de la rédaction de la revue «Le pétrole et le gaz arabes», les prix devraient «probablement» rester au-dessus 80 dollars dans les semaines à venir, sauf si la crise financière actuelle débouchait sur un ralentissement économique mondial. Plus prudente, Vera de Ladoucette, analyste du Cambridge Energy Research Associates (Cera), n’exclut pas «un accès de fièvre», mais s’attend que les prix se stabilisent «autour de 75 dollars le baril au 4e trimestre».
Frédéric Lasserre, directeur des matières premières chez Société Générale, projette un baril autour de 70 dollars fin 2007.
Pour les experts, la hausse de production du cartel est insuffisante et intervient trop tard pour faire face au surcroît de demande en hiver et faire baisser les prix.
D’après M. Lasserre, il devrait manquer 1,2 million de barils par jour (mbj) au dernier trimestre 2007, et 0,5 mbj au premier trimestre 2008, en tenant compte de la dernière décision de l’Opep.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui représente les intérêts des pays consommateurs, estime pour sa part que l’Opep doit mettre 1,5 mbj de plus sur le marché pour faire face à la demande hivernale.

Véronique Dupont (AFP)

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