Énergie : Suez, Gaz de France et Enel à Bruxelles

Les deux P-DG des groupes français, Gérard Mestrallet et Jean-François Cirelli, devaient  rencontrer Mme Kroes lundi pour expliquer en détail leur rapprochement annoncé par le Premier ministre français Dominique de Villepin il y a trois semaines. L’attention est focalisée sur la question de la concurrence, et plus particulièrement sur la Belgique, siège d’Electrabel, la filiale de Suez, qui intéresse le plus Enel.
Une fusion entre Suez et Gaz de France ferait en effet passer sous le même toit Electrabel et la SPE, deuxième grand électricien de Belgique, détenu à 51% par GDF et le britannique Centrica. Et sur le marché du gaz du pays, GDF ne concurrencerait plus Distrigaz, filiale à 57% de Suez. Vendredi, le Premier ministre belge Guy Verhofstadt a demandé des concessions rapides de Suez pour garantir un maintien de la concurrence sur le marché de l’énergie du Royaume. "Nous voulons des solutions dès maintenant", a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion avec Mme Kroes, expliquant qu’une fusion "ne pouvait déboucher sur une concentration de 90% du marché" belge dans les mains d’un seul groupe. Suez et GDF n’ont pas encore notifié leurs intentions à la Commission, mais cela devrait être fait début avril et la décision de la Commission devrait tomber fin juin-début juillet, a déclaré vendredi un porte-parole de Mme Kroes. Les deux groupes français ont répété cette semaine que leur rapprochement était un projet "européen" et que, loin de fausser la concurrence, il allait au contraire en "apporter" en Europe. De son côté, le patron d’Enel, Fulvio Conti, qu’on dit prêt à lancer une offre de près de 50 milliards d’euros pour racheter Suez, va s’entretenir avec Mme Kroes mardi. Enel, qui se montre prudent avant de lancer une OPA hostile car seul l’intéresse Electrabel, cherche à s’assurer que la France ne fera pas obstruction et que la commissaire à la Concurrence jouera bien son rôle d’arbitre. Les trois protagonistes pourront également apporter des détails supplémentaires sur les tractations qui ont eu lieu ces derniers mois. Paris est en effet soupçonnée par les Italiens d’avoir au minimum accéléré un projet de fusion entre Suez et Gaz de France, détenu actuellement à 80% par l’Etat, pour contrer la tentative de rachat d’Enel.

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