Energies: Pas de programme nucléaire pour le Maroc à l’horizon 2030

Energies: Pas de programme nucléaire pour le Maroc à l’horizon 2030

C’est entre autres ce qui a été annoncé lors de la cinquième conférence générale de l’Union arabe de l’électricité (UAE) qui se tient à Marrakech les 27 et 28 janvier 2016 sous le thème «équilibre entre les énergies traditionnelles, nouvelles et renouvelables dans les mix énergétiques des systèmes électriques».

La transition énergétique du Royaume va-t-elle bon train ? Pour ce qui est du mix énergétique, l’actuel directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), Ali Fassi Fihri, a indiqué que 35% de la capacité de production en électricité est basée sur l’hydraulique et sur l’éolien. Un chiffre qui est appelé à croître constamment pour atteindre les 42% d’ici 2022. Récemment, à la COP21 tenue à Paris, le Maroc avait annoncé ses nouvelles ambitions, soulignant que la place de ces énergies dans le mix s’établira à 52% en 2030.

«Nous vivons de grandes avancées dans ce domaine. Et cette conférence représente pour nous une occasion de partage d’expérience mais surtout une étape de préparation de la COP22», a fait savoir Ali Fassi Fihri.  En effet, à l’aube de la COP22 qui se tiendra en novembre prochain à Marrakech, et devant les défis énergétiques mondiaux qui guettent le Royaume, Abdelkader Amara, ministre de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, a appelé à faire plus d’efforts pour en atténuer les conséquences.

A l’échelle régionale, cela ne passera pas sans «une volonté commune de consolider la politique du monde arabe en termes d’énergies renouvelables», avait-il ajouté.  Une consolidation «difficile» en l’absence de réseaux communs et de marchés solides. Pour Amara, la transition énergétique du Maroc connaîtra une tournure historique si le Maroc pourra à l’horizon 2030 injecter 52% d’énergies renouvelables dans son mix énergétique, alors qu’il était prévu que ce taux ne dépassera pas les 42% en 2020.

Il relève à ce titre que : «historiquement, ce sera la première fois où les ressources renouvelables auront une part supérieure à celle des énergies fossiles dans notre production électrique». Le Maroc, pays principalement importateur de ses besoins énergétiques, oriente ses politiques en faveur d’un mix de production électrique plus diversifié. Le bouquet  énergétique du pays sera à cet effet réparti d’ici 2030 entre 20% poir l’énergie solaire, 20% pour l’énergie éolienne et 12% pour l’énergie hydraulique de manière à assurer une capacité de production à base d’énergies renouvelables de 10 GW sur moins de 15 ans. Ce qui réduira sa dépendance énergétique qui, rappelons-le, était de 98% en 2009 à 82% à l’horizon 2030.

Le Maroc injecte 40 milliards de dollars d’investissement

Contrairement au nucléaire qui ne figure aucunement parmi les priorités du Royaume à moyen terme, le gaz naturel a largement sa place. Pour consolider l’intégration des énergies propres et renouvelables dans le bouquet énergétique du Royaume, un programme national pour l’utilisation du gaz naturel en production électrique et en industrie est en phase d’adoption. En marge de ce programme annoncé en décembre 2014 par le ministère de tutelle, des stations de production d’électricité à base de gaz naturel verront finalement le jour en 2016. «Grâce à ces unités, nous procèderons à une économie d’environ 24 millions de tonnes de CO2 annuellement».

Pour accompagner ses ambitions, le Maroc compte investir la somme de 40 milliards de dollars américains dans les  énergies entre 2016 et 2030 dont pas moins de 30 milliards seront uniquement  consacrés aux investissements dans les énergies renouvelables. «Fait qui ouvrira des portes aux acteurs privés, qu’ils soient locaux et étrangers», précise Amara.

Inciter des investissements de ce calibre étant peu facile, le Royaume compte développer davantage son arsenal juridique, organisationnel et institutionnel pour établir un «climat sain des affaires». Il est à souligner également que pour ce qui est de l’électricité, en cette année verront le jour des agences nationales autonomes de régulation du secteur. Ces agences veilleront au bon fonctionnement des marchés ouverts et à la définition des conditions d’accès aux réseaux électriques.

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *