Energies renouvelables : A quand une démocratisation du photovoltaïque ?

Energies renouvelables : A quand une démocratisation du photovoltaïque ?

La démocratisation du photovoltaïque est l’une des grandes ambitions de Abdelkader Amara. En fin de mandat, le ministre de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement mise gros sur cette technologie dont l’impact serait bénéfique aussi bien pour le consommateur que pour le pays.

Le souci étant de profiter de l’ensoleillement du Maroc qui est jusque-là peu utilisateur du photovoltaïque. «Nous nous retrouvons aujourd’hui dans une situation paradoxale. Le Maroc fait 3.000 heures d’ensoleillement par an. C’est aberrant qu’on ne puisse pas utiliser cette ressource», souligne à cet effet Abdelkader Amara. Et de préciser que «le photovoltaïque offre une économie très importante en matière d’investissement dans la mesure où il permettra le couplage de 1.500 mégawatts dans 7-8 ans, soit pratiquement trois grandes centrales de 150 mégawatts». Cette prévision peut être facilement atteinte si le Maroc arrive à lever le frein juridique et réglementaire permettant ainsi d’injecter l’excédent produit chez le distributeur. «C’est la première doléance que nous recueillons des citoyens. Une fois cette entrave dépassée, le consommateur se trouvera dans une position intéressante parce que sa facture sera automatiquement réduite. Cela aura également un impact hautement positif sur le climat», explique le ministre.

Depuis 2014, le Maroc a lancé une feuille de route visant à encadrer l’utilisation du photovoltaïque. Un certain nombre de programmes ont été déclinés. Citons à titre d’exemple l’amendement de la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables.

Le but étant de vendre de l’excédent de la production électrique de sources renouvelables dans le cadre des installations connectées au réseau national de Haute Tension (HT) et Très Haute Tension (THT), ainsi qu’au réseau moyenne tension et basse tension à l’ONEE et aux gestionnaires de réseaux de distribution, à hauteur de 20%. De même, le département ministériel a acté le principe de l’ouverture du marché électrique basse tension aux investissements privés de sources renouvelables. «Le décret d’application est en cours de finalisation. Il fixera les conditions et modalités d’accès et de raccordement. Une fois publié, ce décret constituera une étape importante dans la démocratisation du photovoltaïque au Maroc», affirme Abdelkader Amara. Et d’expliquer que «le schéma auquel nous aspirons c’est de doter ménages, usines et entreprises de panneaux solaires qui vont permettre la production du courant électrique. Grace à des logiciels adaptés nous allons moduler la puissance selon le besoin. Et au lieu de stocker l’excédent dans des batteries qui coûtent cher nous allons l’injecter directement chez les distributeurs. Et vers la fin de chaque mois il y aura une compensation qui réduirait le coût de la facture». Notons que le département d’Abdelkader Amara œuvre pour définir les enveloppes d’ouverture proposées par les différents opérateurs. Ainsi la loi n°48-15 relative à la régulation du secteur de l’électricité permet d’accompagner l’évolution que connaît le secteur de l’énergie, notamment en matière d’ouverture du marché de l’électricité au secteur privé.

Le Maroc sera doté d’une Autorité nationale de régulation de l’électricité indépendante, qui veillera au respect de la réglementation en vigueur, et à la fixation des tarifs et des conditions d’accès au réseau électrique et aux interconnexions.

Il est également prévu de mettre en place des centrales solaires photovoltaïques de moyennes et grandes capacités de 3.000 mégawatts à l’horizon 2030 dont 44% avant 2020.

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