Enquête nationale sur l’emploi : Le HCP explique ses chiffres

Enquête nationale sur l’emploi : Le HCP explique ses chiffres

C’est une enquête inédite qu’a livrée le Haut Commissariat au Plan le 28 mars, mettant ainsi en exergue la réalité du marché du l’emploi au Maroc.

Cette enquête exhaustive dévoile que le taux des jeunes âgés de 15 à 25 ans, qui ne travaillent pas, qui ne sont pas à l’école et ne suivent aucune formation (NEET), a atteint 29,3% parmi les jeunes au niveau national en 2017. Plus grave, ils sont 46% parmi les femmes et 13% parmi les hommes. Au niveau régional, les écarts les plus élevés entre les hommes et les femmes (NEET) sont observés au niveau des régions de Drâa-Tafilalet (44 points), suivie de Béni Mellal-Khénifra (43,6 points) et de Marrakech-Safi (43,2  points  d’écart).

Trois quarts de l’emploi concentré dans 5 régions

«Cinq régions ont accaparé près des trois quarts (72,4%) de l’effectif global de l’emploi», aux dires des experts du HCP. En tête du peloton, Casablanca-Settat avec 22,4% du taux global, suivie de Marrakech-Safi qui a enregistré un taux de 13,8%. En troisième position, la région de Rabat-Salé-Kénitra concentre 13,5% de cet effectif, suivie de Fès-Meknès (11,6%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima  (11,1%). Par ailleurs, l’étude  s’est également penchée sur la qualification des actifs occupés, la précarité d’insertion dans le marché du travail,  l’organisation de l’environnement du travail, la protection sociale que procure ce dernier, ainsi que la perception des actifs occupés de leur emploi. Il en ressort que «la proportion des actifs occupés n’ayant aucun diplôme a varié entre 44,2% dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra et 66,5% à Béni Mellal-Khénifra dépassant ainsi la moyenne nationale (58,6%) au niveau de 7 régions», précise l’enquête. Mais encore, la part de l’emploi non rémunéré (composé principalement des aides familiales) est passée de 4,9% dans les régions du Sud à 25,4% dans la région de Béni Mellal-Khénifra par exemple.

Au niveau national, cette part est 11 fois plus importante en milieu rural (33,5%) qu’en milieu urbain (3%). Quant à la part des salariés ayant exercé un emploi sans contrat de travail, le HCP a dévoilé qu’elle est de 52,9% dans la région de Rabat-Salé-Kénitra contre 81,6% dans l’Oriental, à titre illustratif. Un taux qui est au-dessus du niveau national qui est de 64,8%.  Pour ce qui est de la part des salariés ne bénéficiant pas de couverture médicale,  celle-ci est de 32,2% dans la région de Dakhla-Oued Eddahab contre 72,2% dans la région de Fès-Meknès. Ce dernier taux dépasse donc de loin la moyenne nationale qui est (58,1%).

Plus de huit chômeurs sur dix concentrés dans six régions

82,8% des chômeurs se trouvent dans six régions, indique l’étude. Ainsi, la  région  de Casablanca-Settat  est en  première  place avec 25,1%, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (17,5%), l’Oriental (11,3%), Fès-Meknès (10,8%), Marrakech-Safi (9,4%) et, enfin, Tanger-Tétouan-Al Hoceima 8,7%.

Les jeunes de 15 à 29 ans particulièrement  touchés

23,5% des jeunes de 15 à 29 ans en situation de chômage, 20,5% pour les hommes et 32,1% pour les femmes. Ce taux s’établit à 7,1% pour les 30-44 ans et 2,5% pour les 45 ans et plus. Par région, le taux de chômage le plus fort est observé dans la région de Guelmim-Oued Noun  avec 43,9% parmi les jeunes de 15 à 29 ans et plus important chez les femmes  âgées de 15 à 29 ans avec un taux de 59,4% de cette région.

23,3% des diplômés du supérieur ne trouvent pas de travail    

Le  chômage  s’accroît  avec  l’amélioration  du niveau  d’éducation  et  de  formation.  Si l’on en croit l’enquête, le  taux  de  chômage  passe,  au  niveau national, de 3,8% parmi les sans diplôme à 15% parmi les diplômés de niveau moyen et à 23,3% parmi les diplômés de niveau supérieur.

Cette situation s’aggrave au niveau de la région de Guelmim-Oued Noun pour atteindre des taux de 5,8, de  24,8 et  de 41,3% auprès des trois catégories respectives.

10 millions de femmes en dehors du marché du travail

Le taux d’activité des femmes a reculé d’environ 3,5 points durant les 15 dernières années. La participation des femmes demeure faible. Elle n’est que de 22,4% pour les femmes (contre 71,6% parmi les hommes en 2017). De plus, 76,6% des femmes en dehors du marché de l’emploi sont au foyer et 13,4% des élèves ou étudiantes.

Plus en détails, 10 millions de femmes sont en dehors du marché du travail, soit 77,6% des femmes âgées de 15 ans et plus, 81,6% sont dans le milieu urbain et 70,4% en milieu rural.  «Près de la moitié des femmes en dehors du marché du travail (52,7%) invoquent, comme obstacle à l’accès au marché du travail, la nécessité de prendre soin des enfants ou du foyer (52,6% en milieu urbain et 52,8% en milieu rural). Près d’une femme sur 5 (18%) préfère ne pas travailler (18,3% en milieu urbain et 17% en milieu rural) et 8% citent le refus du mari (8,3% en milieu urbain et 7,2% en milieu rural)», selon l’enquête. Plus révélateur, l’accès des femmes en dehors du marché de l’emploi disposées à travailler va améliorer les taux d’activité en général de 4,3 points pour les hommes et 8,5 points de pourcentage pour les femmes.

«Ces données vont élargir la sphère d’information sur le marché du travail»

Questions à Jamal Guenouni, le chef de division des enquêtes sur l’emploi au HCP

AlM : Sur quoi porte la réforme sur l’enquête sur l’emploi ?

Jamal Guenouni : Cette réforme porte sur plusieurs axes, notamment l’élargissement de l’échantillon qui est passé de 60.000 ménages à 90.000 et l’adoption d’un nouvel échantillon qui est représentatif de toutes les couches sociales et toutes les régions. On a procédé à la révision des applications informatiques et à la révision des outils de travail, notamment les nomenclatures des activités, les nomenclatures des professions et les nomenclatures des diplômes.

Qu’est-ce qui a motivé cette démarche ?

Le Maroc a connu beaucoup de changements sur  tous les plans. on a adapté nos outils pour collecter l’information afin de les présenter aux différents utilisateurs et mettre à leur disposition des informations fiables. Il y a plusieurs motivations derrière cette réforme, notamment l’engagement du pays dans le cadre de la régionalisation avancée. Nous sommes appelés à mettre à la disposition des décideurs au niveau régional des données plus précises sur leurs régions afin de leur permettre d’élargir la base de connaissances sur le marché de l’emploi par exemple.

A quoi va servir cette enquête ?

On a introduit un certain nombre de thématiques, c’est un outil d’aide à la décision publique, par exemple les bassins d’emploi, les relations entre les employeurs et les employés, l’accès des femmes au marché du travail, la scolarisation primaire, etc. Cette enquête fait état d’un ensemble de données qui vont élargir la sphère d’information sur le marché du travail. Nous allons présenter également prochainement un autre lot de thématiques que nous avons introduite dans le cadre de l’enquête.

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