Entre deux pubs, l’Entracte

En récidiviste patenté de la communication, Driss Alaoui Mdaghri, n’a pas lésiné sur les moyens pour faire une rentrée remarquée et remarquable. Il a usé de tous les outils dont il dispose qu’ils soient intellectuels, communicatifs, professoral, managerials, sociologiques, poétiques et autres pour faire mouche dans la publicité. Et c’est justement la publicité qui fut à l’ordre du jour de la conférence de presse qu’il a tenue pour présenter son livre « Entracte-la publicité au Maroc ». Ce n’est pas tous les jours qu’un auteur donne un point de presse organisé, dans les meilleures normes, sous la coupe d’une agence de communication. L’empreinte de cet homme intarissable en communication est évidente.
Tout a été bien fait pour présenter un très beau livre. Le premier de son genre au Maroc qui nous fait voyager dans le monde magique, artistique, humoristique, économique, politique et culturelle qu’est la publicité. L’ouvrage est techniquement bien réussi tout au long de ses 218 pages émaillées par des illustrations qui remontent le temps, des citations et un lexique en marge qui définissent la publicité dans tous ses états, des annexes consistantes et détaillées et bien sûr des chiffres et des tableaux. Il faut lire ce livre car en plus de l’intérêt du sujet abordé, Driss Alaoui Mdaghri surprend par un style d’écriture inédit. En fait l’auteur n’écrit pas mais il parle directement aux lecteurs sur un ton humoristique, imagine leurs réactions et leur tend la réplique. «Vous avez compris c’est simple comme bonjour et limpide comme la publicité» Dixit Driss Mdaghri Alaoui. C’est avec cette facilité déconcertante dans le style et la tournure que l’ex-ministre, le manager, le juriste, le poète, le sociologue et le professeur de l’ISCAE nous attire dans un monde aussi sérieux que la publicité. Il se permet une carte blanche (une de plus) dans l’écriture pour nous relater l’histoire de la pub, son entrée au Maroc, ses importants enjeux économiques, politiques, et sociales ainsi que l’avenir de ce secteur. Il brosse, chiffres à l’appui, l’évolution des agences de publicité, des régies publicitaires, des annonceurs et des médias.
La concurrence est rude et pas toujours loyale, les luttes sur le marché ne sont pas toujours honnêtes, la profession n’arrive pas à s’organiser et les associations fusent sans objectifs apparents. Malgré ce brin de pessimisme, l’auteur accorde à la corporation un dynamisme certains chez certains professionnels qui leur permet de voir l’avenir avec plus de sérénité. Mais Driss Mdaghri ne fait pas dans la complaisance et estime que la publicité au Maroc manque de créativité et de créatifs.
Certes certaines campagnes sont bien réussies et l’une d’elles a eu la faveur de l’UNICEF mais il faut convenir que la formation fait défaut dans un secteur où par définition tout change en permanence. Mais enfin, on ne va pas tout vous dire sur un livre qui dit tout sur un monde d’une manière «aérienne et légère» pour vous priver de ces «quelques petites choses» du savoir de ce grand homme qu’est le polyvalent Driss Madghri Alaoui.

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