Entrepreneurs en escroquerie

Des escrocs qui obtiennent que leurs victimes se fassent condamner, voilà qui sonne comme une prime judiciaire à l’escroquerie. Déroutant. Abdelali Berrada, qui est loin d’être un enfant de choeur, s’est fait tout de même avoir. Cependant, l’intéressé excipe de circonstances atténuantes justifiées. Le jour où il s’est rendu à l’aéroport de Ménara Marrakech pour accueillir son futur associé saoudien, le président de la Palmeraie Golf Palace dit avoir trouvé à l’accueil du même personnage une autre personnalité. Et pas n’importe laquelle : Ahmed Amjad, à l’époque Wali de la ville. “Quand le wali m’a demandé de m’occuper de mon hôte, explique M. Berrada, c’était pour moi un gage de sérieux et de crédibilité de celui qui s’est présenté comme étant “son altesse le prince Waleed Bin Abdul Mohsin Bin Abdul Aziz Al Saud“.
En fait, Abdelali Berrada Sounni et son staff ne tarderont pas à douter de la bonne foi du “prince“ et de son homme lige, Mohamed Ayachi Ajroudi. En effet, il est des détails symboliques qui ne trompent pas. La partie marocaine a dû payer elle-même les frais de son séjour à Cannes lorsqu’elle a été rencontrer l’avocat français du prince pour lui remettre le dossier complet relatif au projet. Le duo Waleed et Ajroudi semble se partager les rôles.
Le premier, taciturne, se contente d’opiner cérémonieusement du chef alors que le second, volubile, n’arrête pas de tchatcher. C’est le genre qui a l’entourloupe dans le sang. Muni d’un passeport français immatriculé au consulat de France à Djeddah en Arabie Saoudite, M. Ajroudi, natif de Djerba en Tunisie en 1951, distribuait à tour de bras des cartes de visite où il se “vend“ comme le président-directeur général d’une société du nom de “Sadeg Promotion“ établie à Mandelieu en France. Renseignement pris, cette entreprise est une coquille vide, criblée de dettes. (voir encadré). Le prince Saoudien a sévi un peu partout à Marrakech où il apparaît dans quelques affaires louches. Ici, il aurait laissé une ardoise de plusieurs milliers de centaines de dirhams chez un grand hôtelier local.

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