Entreprise : Fagor : une coopérative gagnante

Entreprise : Fagor : une coopérative gagnante

Après l’ETA, c’est désormais MCC qui fera parler du Pays basque. Derrière ce nom d’OVNI, se cache en effet l’un des leaders européens de l’électroménager. Au cœur de la province nationaliste, sur la vallée industrielle de Mondragon, se trouve un groupe d’entreprises coopératives particulièrement puissant : Mondragon Corporacion Cooperativa (MCC). Crée il y a cinquante ans par un prêtre (si, si) au temps du franquisme, MCC est aujourd’hui le plus grand groupe coopératif du monde. Il vient de dévoiler en grande pompe ses performances de l’année 2005 et annoncé par l’occasion ses projections pour les quatre années à venir. Dans une conjoncture stagnante, Fagor Electrodomésticos, filiale de MCC, affiche de bonnes performances en 2005. Ainsi, le groupe a clôturé l’exercice, le premier après le rachat de Brandt, avec des bénéfices consolidés de 4,5 millions d’euros et un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros (près de 16,6 milliards de dirhams). À fin 2005, les ventes totales de MCC ont avoisiné les 11,9 milliards d’euros. Les investissements de la coopérative se sont chiffrés à près de 1,1 milliard d’euros en 2005.
L’histoire de MCC, auquel appartient la marque Fagor, est un véritable cas d’école : voilà une association de coopératives où ce sont les salariés qui se répartissent les bénéfices et votent les décisions stratégiques. Le groupe rassemble une centaine d’entreprises coopératives des secteurs de l’automation, de la construction, des machines-outils ou de l’électroménager, mais aussi de la finance et de la grande distribution. Septième groupe industriel en Espagne, la réussite de MCC repose sur une recette qui continue à faire ses preuves : redistribution de dividendes, économie sociale et, mondialisation oblige, une politique d’expansion tous azimuts.
Cette politique s’est traduite par un jeu de rachats aussi bien en Europe, en Asie ou encore en Amérique latine. Une centaine d’entreprises non coopératives ont été intégrées dans le groupe, auxquelles s’ajoute la marque Brandt rachetée au mois de mars 2005. Cette acquisition a permis à la branche électroménagère du groupe, Fagor, de figurer désormais dans le club des puissants fabricants d’équipement électroménager : Whirlpool, Bosch-Siemens et Electrolux, etc.
Aujourd’hui, MCC compte près de 80 000 salariés, dont la moitié au Pays basque, où le groupe possède sa banque, Caja Laboral, ses propres centres de recherche et même une…université privée.
Cette vitalité se manifeste aussi par la capacité du groupe à s’adapter. MCC prend le train de la mondialisation. Objectif : la Chine, ou le grand débarquement ne fait que commencé. Avec la répartition qui en découle : la création d’un pôle d’innovation qui devrait accueillir, à terme, quelque 1 300 chercheurs.
Au Maroc, la filiale du groupe basque affiche une bonne santé : Fagor Maroc a réalisé un chiffre d’affaires qui dépasse les 300 millions de dirhams, en hausse de 15% par rapport à 2004. Près de 200.000 unités ont été écoulées au cours de l’année dernière. Le segment du froid a drainé 32% des volumes. La part de marché est passée de 25 à 27%.
Côté investissement en revanche, rien de particulièrement impressionnant : l’usine de Mohammédia, qui emploie 234 personnes, produit une centaine de références commercialisées pour le marché local. L’image de la marque représente l’un des soucis (et un des grands chantiers) de la marque sur le marché local, comme le note le nouveau directeur général de la filiale marocaine, Jean de Poncins. Ex-directeur chez Brandt, ce dernier devra superviser le lancement des produits de Brandt (la gamme Brandt de froid, lavage et cuisson, sera disponible sur le marché en mai 2006) et maintenir en même temps le développement de la marque Fagor. Au grand bonheur de tous ceux et celles qui comptent (re)équiper leur cuisine.

 
Un ex-Brandt à la tête de Fagor Maroc


Jean de Poncins succède depuis le mois de mars 2005 à José Gaytan de Ayala à la tête de Fagor Maroc.
Sa priorité : rehausser l’image de la marque auprès du consommateur local dans
un contexte de forte concurrence sur le marché de l’électroménager accentué par l’ouverture des frontières. Diplômé de l’Institut européen des affaires à Paris et titulaire d’un MBA, M. De Poncins débute sa carrière en gestion financière dans le domaine des travaux publics en Belgique, pour ensuite intégrer le secteur de l’électroménager en rejoignant le groupe Brandt en France en tant que commercial.
Il occupera par la suite, les postes de directeur régional, de directeur Clients Nationaux pendant la même durée, et de directeur commercial pour les 3 marques, Brandt, Vedette et Thomson.

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