Entreprises : L’électronique se met à l’écologie

Entreprises : L’électronique se met à l’écologie

Une unité de gestion et de recyclage des déchets électroniques et électriques (DEEE) sera installée à Bouskoura à Casablanca. Créée par la société Interface ENIM-Ecotechno, cette structure est le fruit d’un partenariat entre le public et le privé, la recherche et l’entreprise. En effet, ce projet est co-financé par son fondateur Omar Aït Rahou (60 %) et la Caisse de dépôt et de gestion CDG à hauteur de 40 % de l’investissement à travers son fonds Sindibad, un fonds destiné aux sociétés marocaines innovantes opérant dans les domaines des sciences de l’ingénierie, des sciences de la vie et des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Une première enveloppe de 15 millions DH a été nécessaire pour la réalisation de ce projet. «Pour les besoins de fonds de roulement, une deuxième enveloppe de l’ordre de 30 millions DH sera débloquée», déclare Omar Aït Rahou, fondateur de la société Interface ENIM-Ecotechno. Pour cet ingénieur-chercheur porteur du projet, comme pour ses partenaires dont l’ENIM (Ecole nationale de l’industrie minérale), l’objectif principal est la valorisation des déchets électriques et électroniques avec une technologie respectant les normes internationales en la matière.
«Les Marocains consomment de plus en plus de matériels électriques. Outre le matériel audiovisuel, les équipements informatiques se sont ajoutés, ce qui augmente encore la masse de déchets électriques dont il faut bien se débarrasser. Il est donc nécessaire de procéder au recyclage de ces déchets, plutôt que de les envoyer à la décharge comme c’est le cas en ce moment», explique Aït Rahou.
Plusieurs années de recherche dans les laboratoires de l’ENIM, du CNRST (Centre national de la recherche scientifique et technique) et de l’Ecole des mines de Nancy en France étaient nécessaires pour aboutir à ce résultat. L’étude a démarré en 2000. Une équipe de chercheurs avec à sa tête Omar Aït Rahou s’est penchée, en collaboration avec des universités étrangères, sur la réalisation d’un procédé répondant aux normes écologiques pour recycler et valoriser les déchets électriques, électroniques dont le volume augmente annuellement de 5% au Maroc.
Un nouveau procédé de traitement de ces déchets, breveté à l’OMPIC (Office marocain de la propriété industrielle et commerciale), a été mis en place. Il est fondé sur un processus de triage des éléments constituant le matériel électronique suivi d’un traitement physico-chimique. Le matériel recyclé sera ensuite réutilisé notamment à l’export. «Grace à ce projet, nous allons non seulement créer de l’emploi, mais également de la richesse et nous contribuerons à la protection de l’environnement car les déchets électroniques polluent les nappes phréatiques», souligne Aït Rahou. Cette unité sera édifiée sur une superficie de 2830 m2 et emploiera une cinquantaine de personnes. Les travaux de construction, d’une durée prévisionnelle de près de 12 mois, débuteront prochainement.

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