Entretien : Anas Sefrioui : «on va réinvestir au Maroc»

Entretien : Anas Sefrioui : «on va réinvestir au Maroc»

ALM : Pourquoi avoir attendu  juin 2006 pour l’introduction du groupe Addoha en Bourse ? Est ce parce que les perspectives du marché immobilier sont plus que jamais favorables ?
Anas Sefrioui : L’introduction en Bourse ne se décrète pas du jour au lendemain. Il convient, en effet, de lever certains préalables pour assurer à l’opération les conditions de son succès. Pour le cas de Douja Promotion Groupe Addoha, parmi ces préalables ont figuré notamment :
la réalisation de plusieurs programmes ayant permis à la société de consolider ses fonds propres et d’atteindre la taille critique lui permettant d’occuper à la Bourse de Casablanca une des premières places en termes de capitalisation; la constitution d’une réserve foncière suffisante pour l’établissement d’un plan d’affaires 2006-2010 sur des bases concrètes ; la confirmation, sur une période significative, du redressement des indices boursiers à des niveaux suffisamment attractifs pour les investisseurs. Il convient, en effet, de rappeler qu’à partir du mois d’août 1998, le Masi n’a cessé, durant quatre années successives, de chuter pour ne commencer à connaître un trend haussier régulier qu’à partir de la fin de l’année 2002. Il est vrai également que les perspectives non seulement de notre secteur, mais également de toute l’économie nationale, sont aujourd’hui particulièrement favorables: PNB en forte croissance en 2006 (+7%), maîtrise de l’inflation, tendance à la baisse des taux d’intérêt, chômage en diminution, évolution favorable de la demande interne…

L’une de vos premières sorties pour la promotion de cette opération  fut le monde arabe. Et-ce un hasard ?
Non, notre road show dans les pays du Golfe n’est pas le fruit du hasard. Nous avons en effet décidé, en concertation avec notre banque conseil, Attijariwafa bank, de nous rendre en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït compte tenu de l’intérêt particulier que portent ces Etats depuis plusieurs années à l’investissement au Maroc. Il convient également de souligner que l’immobilier constitue un des secteurs de prédilection des investisseurs de cette région. Notre introduction en Bourse s’inscrit donc dans un mouvement général d’une augmentation soutenue des investissements des pays du Golfe au Maroc. Je rappelle également que nous nous sommes rendus à Paris où, à l’initiative de la BMCE Bank, nous avons pu rencontrer plusieurs investisseurs qui ont manifesté leur intérêt à notre IPO.
Enfin les souscriptions émanant de la place de Londres ont dépassé les 900 millions de dirhams.

A présent, parlons de l’évolution future de votre groupe.  D’aucuns vous prêtent des intentions d’investir à l’étranger ?
Des rumeurs avaient effectivement circulé à propos d’une prise de participation dans le Club Med. Non seulement j’oppose à de telles rumeurs le démenti le plus formel, mais je peux vous assurer qu’il n’en a jamais été question d’une manière ou d’une autre. Je vous remercie de m’offrir cette occasion pour préciser également que le produit de cession à travers la Bourse des 35% du capital de notre société, est destiné à financer des investissements au Maroc, lesquels investissements ne viendront en aucune manière concurrencer l’activité de Douja Promotion Groupe Addoha. Je veillerai personnellement à ce que tous les nouveaux projets immobiliers soient réalisés exclusivement par Addoha.

Avec une importante part désormais dévolue aux souscripteurs dont des institutionnels étrangers, ne craignez-vous pas que les décisions du conseil d’administration échappent à votre contrôle ?
Nous avions, dans un premier temps, fixé à 20% la part du capital devant faire l’objet de cession à travers la Bourse. Nous avons ensuite, et sur recommandation d’Attijariwafa bank, décidé de porter le montant de l’introduction à 35% et, par conséquent, «d’abandonner» la minorité de blocage pour consacrer définitivement notre politique de transparence totale et les valeurs qui sous-tendent les méthodes de gouvernance de notre société. Nous ne nourrissons aucune crainte à cet égard.

Y-a-t-il dans votre programme de développement des perspectives de reprises ou de participations dans des  entreprises marocaines ou étrangères ?
Pour le moment, nous n’avons pas de projet dans ce sens. Notre business plan est adossé exclusivement au développement interne de Douja Promotion Groupe Addoha. Cependant, si des opportunités viennent à se présenter au titre de la réalisation de projets immobiliers, nous n’excluerons pas que notre société puisse conclure des partenariats avec d’autres promoteurs nationaux ou étrangers. Dans tous les cas, Douja Promotion Groupe Addoha serait toujours partie prenante dès lors qu’il s’agira d’investissements dans le secteur du logement.

Nous nous adressons maintenant au manager. Encouragerez-vous un processus de concentration dans le secteur immobilier ?
Je n’ai pas de principe ni de dogme définitivement arrêtés à cet égard. De manière générale, il me paraît que les opérations de fusion-absorption ne doivent pas constituer une fin en soi.
Elles ne trouvent leur justification que dans la mesure où elles doivent aboutir à une nouvelle unité porteuse d’un projet industriel créateur de richesse, préalablement défini, et d’une vision claire et des objectifs et des moyens à mettre en œuvre. Les apports de chacune des entreprises concernées doivent par ailleurs être complémentaires les uns par rapport aux autres en termes de savoir-faire et de compétences spécifiques, notamment en R&D, de segment et de parts de marché, de culture d’entreprise …
Ceci étant, je suis un homme qui croit aux valeurs et aux bienfaits d’une concurrence saine et loyale, stimulant à la fois l’innovation et la recherche permanente de l’amélioration de la productivité. Il suffit d’observer à cet égard comment le secteur des télécommunications, depuis la privatisation de Maroc Telecom et l’attribution d’une 2ème licence à Méditel, a évolué en quelques années au grand profit des consommateurs.

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