Eqdom : Les vertus du black-out

Il fallait s’y attendre. La communauté boursière de Casablanca s’interroge aujourd’hui sur la légalité de la démarche entreprise par la Société Générale et le groupe ONA pour faire aboutir le projet de cession des 44,43% du capital Eqdom détenu par les deux filiales du holding marocain (SNI et Axa Assurance). Des voix s’élèvent ici et là pour dénoncer la nature même de cette démarche. Des petits porteurs se plaignent du manque de transparence qui marque cette opération.
Dans cette affaire, tous les intervenants boursiers ne veulent pas prendre publiquement des positions tranchées. Il faut reconnaître que les enjeux d’un tel silence sont de taille. Business oblige. Ces enjeux, faut-il le rappeler, engagent leur existence même. «Notre appartenance nous oblige à s’abstenir à tout commentaire pour l’instant», lance d’emblée un responsable de société de bourse. Ce dernier avoue que le problème réside d’abord dans le vide juridique en matière d’offre publique de rachat. Ce «trou» permet d’asseoir une certaine légalité de cette opération. Ils sont plusieurs comme lui à interpeller le CDVM (Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières) pour assumer son rôle de gendarme du marché. La pique est donc lancée.
D’autres intervenants de la place posent avec acuité le problème et insistent sur les conséquences fâcheuses qui s’en suivront. «Si l’opération de rachat aboutit, les investisseurs, petits ou grands, quitteront définitivement le marché», affirme un autre responsable d’une société de bourse. Il met en avant que le marché est déjà plongé dans un état de marasme et de perte de confiance généralisée. Et de poursuivre que ce genre d’opérations ne fera qu’accentuer la méfiance des investisseurs. Comment alors interpréter ces propos ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce genre de discours n’est pas novateur.
A chaque occasion, c’est la même attitude qui est affichée. Au lieu de franchir le cap et de refléter les choses telles qu’elles sont, ils préfèrent plutôt alimenter la polémique et verser dans l’attentisme. «On attend la réaction du marché», s’accorde à dire plusieurs d’entre eux. Ils oublient souvent que c’est eux qui font ce marché.
En attendant, face à la colère des petits porteurs, la réaction officielle des autorités de tutelle et de la Société Générale se fait toujours attendre.

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