Eqdom : Un deal correct

Le management de la Société Générale a vu juste. L’offre publique d’achat (OPA) partielle des 8% du capital de la financière Eqdom lancée par le groupe, entre le 29 avril et le 10 mai, a connu un succès total. Toute la communauté boursière y a trouvé son compte.
Les petits porteurs qui ont dès le début contesté l’opération d’acquisition par le groupe Société Générale de la quote-part détenue par les deux filiales du groupe ONA, Axa Assurances Maroc et SNI, au prix de 800 DH l’action, sont satisfaits de ce deal. «Je détenais 2000 actions Eqdom. Il m’était impossible de les céder dans le cadre de cette OPA. Mais, dès qu’elle a été annoncée, j’ai pu tout vendre sur le marché en petite quantité de 30, 40 et 100 actions à un cours moyen de 549 DH. J’ai gardé 100 actions que j’ai cédé dans le cadre de l’OPA à 700 DH», avance un petit porteur sur un ton de satisfaction. Un avis partagé par plusieurs petits porteurs. Le CDVM (Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières) a ainsi bien fait de ne pas interdire la vente des actions Eqdom achetées après l’annonce de l’OPA, le 17 avril 2002.
Cette décision a permis à des petits spéculateurs, à la recherche de gain sûr et rapide, d’acheter sur le marché ces quantités (40 à 100 actions). Ils les ont cédées dans le cadre de cette OPA et ont réalisé ainsi en un peu moins d’une semaine des plus-values conséquentes. C’était aussi l’occasion pour des petits épargnants, voulant s’initier au jeu boursier, de goûter au gain des placements en actions.
La solution proposée par le Groupe Société Générale s’avère aussi la plus adaptée pour préserver la liquidité du titre Eqdom sur le marché. L’actionnaire désormais majoritaire de la financière, détenant 53% du capital, voulait en effet maintenir le flottant en Bourse de l’action à un niveau satisfaisant pour garantir cette liquidité. Ce flottant qui était de 29%, dont plus du tiers est détenu par des compagnies d’assurances et des OPCVM de la place, n’est actuellement que de 21%. Mais la quantité des titres d’Eqdom qui est susceptible réellement de faire l’objet de transactions sur le marché n’est que de 8 à 10%.
Enfin, cette OPA a eu aussi le mérite d’animer toute la place casablancaise. Quoique, l’ambiance des années fastes de la Bourse de Casablanca n’est que partiellement retrouvée, le blues des intervenants s’est effacé à la faveur des petites transactions qu’ils ont passées. De nouveau, des clients ont repris le chemin des sociétés de bourse. Aussi, des relations d’affaires avec de nouveaux prétendants à des placements en actions se sont-elles nouées.
Par ailleurs, sur 1727 apporteurs, 1661 sont des personnes physiques, qui ont pu céder en moyenne 80,76% des titres qu’ils ont apportées avec un minimum garanti de 100 actions, impliquant un taux de satisfaction, dans la limite de 100 titres, de 100%. Les institutionnels, eux, n’ont pas été de la partie.

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