Espagne : le FMI prévient d’une reprise fragile

Espagne : le FMI prévient d’une reprise fragile

Le Fonds monétaire international (FMI) a salué vendredi, dans son rapport annuel sur l’Espagne, les réformes engagées par ce pays, mais a prévenu que sa reprise économique serait «faible et fragile», abaissant sa prévision de croissance 2011 à 0,6% contre 0,9% avant. «L’ajustement nécessaire est en cours», souligne le FMI, qui avait appelé ces derniers mois le gouvernement espagnol à mettre en place des réformes. «Les déséquilibres accumulés pendant les années de croissance ont commencé à se réduire», observe le Fonds. «La perspective de croissance, cependant, reste incertaine en raison des conditions instables du marché financier et d’un marché domestique faible», souligne-t-il. Le FMI continue de tabler sur une croissance négative pour 2010 (-0,4%) et abaisse ses prévisions pour 2011, n’attendant plus qu’une hausse du PIB de 0,6%, contre 0,9% lors de sa dernière projection en avril. Le gouvernement espagnol attend, lui, une contraction d’activité de 0,3% du PIB en 2010, puis une croissance de 1,3% en 2011. «Les directeurs (du FMI) saluent les réponses décisives des autorités aux turbulences du marché financier et les récentes réformes pour restaurer la confiance du marché et renforcer le début de rééquilibrage de l’économie», écrit l’institution dans son rapport. Selon le FMI, «les autorités espagnoles ont pris les mesures correctives nécessaires», notamment avec les réformes du système bancaire ou du droit du travail, mais «des mesures additionnelles devraient être préparées», en premier lieu une réforme du système de retraites. «Les objectifs de déficit sont totalement appropriés», relève James Daniel, chef de mission du FMI sur l’Espagne. Après un taux de 11,2% du PIB en 2009, le gouvernement vise 6% en 2011 puis 3% en 2013. Auparavant, le chef du gouvernement socialiste José Luis Rodriguez Zapatero avait assuré que «les engagements pour réduire le déficit (…) sont en train d’être respectés». «Une fois que l’objectif de 3% sera atteint, nous nous attendons à ce que la dette publique commence à décroître», a indiqué M. Daniel. «Si les mesures (déjà adoptées) sont complétées par des réformes à long terme comme une réforme du système de pensions, cela mettra les finances publiques espagnoles sur une bonne voie», a-t-il ajouté. Le chômage dans ce pays atteignait les 20,09% fin juin, a annoncé vendredi l’Institut national de la statistique (Ine), un taux qualifié d’«insupportable» par M. Zapatero. Le gouvernement devrait «aller plus loin» encore après la réforme du marché du travail, estime le FMI, pour toujours plus de «flexibilité».

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *