Etude sur le capital immatériel du Maroc entre 1999 et 2013: Jouahri et Baraka dévoilent les premières pistes

Etude sur le capital immatériel du Maroc entre 1999 et 2013: Jouahri et Baraka  dévoilent les  premières pistes

Un peu plus de cinq mois après le lancement de l’étude nationale sur le capital immatériel (voir P5), le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et Bank Al-Maghrib font le point sur son avancement.

Lors d’un atelier scientifique tenu hier, lundi, à l’Université Al Akhawayn d’Ifrane, Nizar Baraka, président du CESE, est revenu sur la méthodologie et les outils adoptés par les deux organes pour mesurer le capital immatériel du Royaume. «La mission du CESE, en collaboration avec Bank Al-Maghrib, est d’évaluer la valeur de ce capital au Maroc, avec l’objectif de penser un modèle de développement qui serait axé autour du citoyen», a-t-il déclaré.

Le président du CESE a ainsi expliqué que le procédé enclenché est largement inspiré de la méthode de travail de la Banque mondiale avec l’intégration de certains aspects spécifiques au Maroc. Il se décline en cinq étapes essentielles. Il s’agit tout d’abord de quantifier la richesse globale du Maroc, d’identifier la proportion de chaque type de capital, de créer un tableau de bord qui suivra l’évolution des différents types de capital, d’identifier les obstacles majeurs qui freinent une exploitation optimale du capital immatériel au Maroc, pour ensuite intégrer cette notion dans les orientations économiques du pays. «Ce rapport est absolument essentiel à notre pays. Il nous permettra d’apprendre de nos leçons et d’élaborer un modèle de développement qui bénéficiera à l’ensemble des citoyens», a affirmé Nizar Baraka.

De son côté, Mohamed Taamouti, directeur de l’économie et des relations internationales à Bank Al-Maghrib, a tenu à souligner que l’étude en est actuellement à sa première phase, consistant à quantifier les richesses immatérielles du Maroc. Il est, par ailleurs, revenu sur les principaux obstacles que rencontre l’implémentation de ce paramètre dans le calcul de la richesse au Maroc.

«Le frein essentiel est la nouveauté de ce concept autant pour l’opinion publique que pour les décideurs», a-t-il déclaré, rappelant que «c’est le cas pour la plupart des pays du monde, bien que le Maroc soit devenu l’un des pays pionniers en la matière avec la dynamique qui a suivi le discours du Trône». Pour les experts de la banque centrale, il est donc essentiel de lancer le débat autour de ce nouveau paradigme et de dissiper certaines idées qui l’entourent.

«Certains médias ont répandu l’idée que le capital immatériel est la solution à tous les problèmes que rencontre le Maroc, ceci est évidemment faux», a-t-il expliqué, assurant qu’il ne fallait pas surestimer le concept mais le considérer comme un paramètre qui permettra de mieux évaluer la richesse du pays. D’autres obstacles à l’étude du capital immatériel du Maroc résident dans le manque de données le concernant et la nécessité de coopérer avec un grand nombre de départements.

Toujours selon Mohamed Taamouti, la seconde étape de l’étude consistera à partager les résultats et les données rassemblés par le CESE et Bank Al-Maghrib avec les différents acteurs concernés, en espérant un feed-back qui enrichira le rapport en cours d’élaboration.
Représentant la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Hammad Kassal est venu apporter la vision microéconomique du concept de capital immatériel.

«Les entreprises ont très tôt compris l’importance de ce nouveau paradigme», a-t-il déclaré, notant néanmoins que les Petites et moyennes entreprises (PME) accusent un retard dans ce sens par rapport au reste des acteurs de l’économie nationale.

Hammad Kassal a également souligné qu’une certaine confusion persiste quant à la définition précise du capital immatériel. Le représentant des patrons a finalement appelé l’ensemble des entreprises à évaluer annuellement leur capital immatériel respectif et à s’accorder sur une définition du concept et sur ses composantes.

Capital immatériel, cette dynamique enclenchée par le discours du Trône

Le capital immatériel est un terme en vogue depuis le discours du Trône prononcé par SM le Roi Mohammed VI le 30 juillet dernier. Pourtant, le concept n’est pas nouveau. Un rapport de la Banque mondiale en 2005 intitulé «Où est la richesse des nations?» était l’un des premiers à traiter de la question.

Celui-ci estimait le capital immatériel du Royaume cette année là à environ 712 milliards de dollars, soit plus de 75% de la richesse globale du pays. 

Un score exceptionnel pour un pays comme le Maroc, qui devance de loin la moyenne des pays en voie de développement (56%) et se rapproche de celle des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), qui est autour de 80%.

Le discours royal du 30 juillet 2014 a, néanmoins, marqué une orientation du pays vers l’évaluation puis, a fortiori, la valorisation de ses richesses immatérielles. SM le Roi avait, en effet, chargé le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et la banque centrale du Maroc (Bank Al-Maghrib) de mener une étude sur la «richesse globale et le capital immatériel du Maroc» pour la période entre 1999 et 2013.

En prenant en compte des études antérieures effectuées par des organismes tels que le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’Institut royal des études stratégiques (IRES) ou le Conseil supérieur de l’enseignement, le CESE et Bank Al-Maghrib devront évaluer le capital immatériel du Royaume, analyser la distribution des richesses entre les différents territoires et groupes sociaux et penser une nouvelle orientation économique du pays qui inclurait ces nouveaux paramètres, le tout en se basant sur les approches méthodologiques mises en place par la Banque mondiale et l’OCDE.

«L’objet de cette étude n’est pas seulement de faire ressortir la valeur du capital immatériel de notre pays, mais également et surtout de souligner la nécessité de retenir ce capital comme critère fondamental dans l’élaboration des politiques publiques, et ce, afin que tous les Marocains puissent bénéficier des richesses de leur pays», avait souligné le Souverain.

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