Euro:beaucoup de chemin à faire

Les milieux d’affaires américains sont unanimes. Ils estiment que l’introduction de l’euro permettra de faciliter les échanges commerciaux entre les deux bords de l’Atlantique. Il reste que la monnaie unique doit encore faire ses preuves pour concurrencer le dollar, principale devise mondiale. Concrètement, l’entrée en vigueur de l’euro assurera aux opérateurs américains mais également aux sociétés marocaines, la réduction de leurs coûts relatifs à la couverture du risque de change et la rationalisation de leurs activités sur le continent européen. Faut-il s’attendre à ce que l’euro puisse rivaliser avec le dollar comme monnaie de réserve. Pas pour le moment. Sur le long terme, la monnaie européenne représente une alternative sérieuse au dollar comme monnaie de réserve, ce qui est d’ailleurs positif pour l’économie mondiale. Selon les spécialistes, la nouvelle devise européenne doit faire preuve de sa crédibilité. Depuis sa création, la monnaie unique a perdu plus de 20% de sa valeur face au dollar alors que la part de ce dernier dans les réserves mondiales a grimpé à 65% contre un peu plus de 20% pour l’euro et 8% pour le yen. Du moins, si l’on en juge par les estimations du Conference Board, un institut de conjoncture proche du patronat américain. A ce propos, M. Horst Koehler, directeur général du Fonds Monétaire international, a déploré dans une récente déclaration le fait que « l’intégration économique européenne était clairement à la traîne par rapport à l’intégration monétaire ». Selon lui, ce décalage signifie que l’union européenne « n’utilise pas pleinement son énorme potentiel pour générer davantage de croissance et améliorer sa compétitivité ». Par ailleurs, les analystes se demandent si la Banque Centrale Européenne sera en mesure d’imposer durablement une politique monétaire unique aux douze pays de l’Union dont les économies connaissent des situations différentes. Pourtant, les pays de l’UE développent ensemble une puissance économique et financière comparable à celle des Etats-Unis, précisait fin novembre, M. Alan Greenspan, le président de la Réserve Fédérale Américaine. Pour lui, « la demande grandissante pour le dollar au détriment de l’euro et ce, malgré la récession enregistrée aux Etats-unis traduit le fait que les marchés continuent à tabler sur des gains de productivité plus grands en Amérique qu’en Europe au cours des prochaines années. Plusieurs spécialistes appellent les pays européens à diluer leur identité économique nationale pour établir durablement la crédibilité de l’euro.

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