Evénement : Air Senegal en zone de turbulences

Evénement : Air Senegal en zone de turbulences

A l’heure où nous mettions sous presse, nous apprenions que le mouvement de grève du personnel d’Air Senegal entamé depuis le lundi 26 mars 2007 a été finalement suspendu suite à la médiation de l’Etat du Sénégal. «Le mot d’ordre de grève a été levé. Nous avons demandé au personnel une suspension du mouvement pour permettre (au gouvernement sénégalais) de jouer sa partition», a déclaré le responsable syndical des travailleurs d’Air Sénégal International (ASI), Moustapha Diakhaté, sur la radio privée Walfadjri. L’agence AFP qui rapporte la déclaration n’indique aucune précision sur les termes du protocole d’accord signé entre le syndicat et l’Etat. Le Premier ministre sénégalais, Macky Sall, avait annoncé mercredi dans la presse, après une rencontre mardi soir avec les délégués des travailleurs d’ASI, que les autorités sénégalaises s’étaient saisies du dossier pour négocier avec les grévistes.
La décision de grève avait été prise suite au rejet par la direction générale d’Air Senegal International de la plate-forme revendicative déposée par les délégués syndicaux représentant le personnel. Pour sa part, la Direction générale motive son avis sur les décisions unanimes prises lors du dernier conseil d’administration de la compagnie, tenu le 12 mars 2007.
Loin de l’optimisme des années précédentes, cet dernier conseil d’administration s’est tenu dans un climat de crise, avec, rappelle la direction, «des tensions de croissance, ainsi de de nombreuses indisponibilités d’avions en 2004 et 2005 ». Pas de précisions cependant sur l’ampleur des difficultés de « trésorerie aiguës», avancées par le management d’Air Senegal. C’est pour rectifier le tir qu’un plan de redressement a été approuvé par le conseil d’administration (où siègent Marocains et Sénégalais). Ce programme préconisait la suppression des lignes les plus déficitaires, notamment Dakar-Accra et Dakar-Milan, un programme de « réduction des coûts » et une optimisation des ressources de la compagnie. La Royal Air Maroc procédera à une avance en compte courant d’un montant de 13 millions de dollars US, dans la foulée du conseil d’administration de septembre, pour parer au plus pressé.
Bien que le plan ne prévoit en aucun moment l’option d’une suppression d’emplois, le syndicat des employés craint qu’optimisation et réduction des coûts n’y mènent. D’où une grève qui, au final, aggrave la situation de la compagnie en compromettant le plan de redressement en cours. Selon la presse locale, chaque jour d’immobilisation coûte à la compagnie 200 millions de FCFA (1 dirham = 160 FCFA). En attendant, une commission technique consensuelle et paritaire a été mise en place pour, dit-on, «une évaluation objective et l’établissement d’un bilan de la situation d’Air Sénégal International». Appelés à suspendre leurs revendications, en attendant ce diagnostic, les syndicats finiront-ils par prendre en compte cette situation délicate d’ASI?
D’aucuns voient derrière cette perturbation, des actions émanant de lobby étrangers, notamment de certaines compagnies aériennes étrangères, désireuses de prendre pied au Sénégal. Une hypothèse difficile à vérifier sur le terrain.

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