Événement : Génériques, un médicament à bas prix

Les comptes nationaux de la santé publiés par le ministère de la Santé pour l’année 1997-1998 (document de référence pour un secteur en mal de bases statistiques) pose avec insistance la problématique du financement de la santé au Maroc. Avec 15 milliards de DH, la dépense nationale de santé (DNS) représente 550 DH par an et par habitant, soit 4,5 % du PIB. De son côté, la consommation médicale ne fait que 13,5 milliards soit 90 % de la DNS. Par rapport aux pays comparables au Maroc, cette faiblesse s’expliquerait par le niveau élevé des prix et par le faible pouvoir d’achat des populations.
Aussi, le déséquilibre structurel du financement de la santé a été confirmé. Le caractère individuel de la contribution aux charges engendrées par les soins a été mis à nu. C’est ainsi que le paiement direct des ménages représente 54 % de la DNS et 60 % de la consommation médicale. " La très faible mutualisation des risques et le poids excessif des dépenses sur le budget des ménages expliquent l’accès insuffisant aux soins et la part de plus en plus prépondérante, même si elles restent modestes, des sources de financement non conventionnelles (coopération, emprunts à travers le budget de l’Etat)", rapporte la revue Les Cahiers du Médecin dans son édition de juin 2002. En parallèle, la population couverte par les systèmes d’assurance- maladie atteint 4,5 millions de personnes dont 1 400 000 d’adhérents. La Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance Sociale (CNOPS) en assure 68,6 %, les compagnies privées 18 % et les régimes internes 12 %.
Face à cette situation, le gouvernement Youssoufi s’est attelé à faire passer le projet de loi sur l’assurance-maladie obligatoire de base et sur le régime d’assistance médicale aux économiquement faibles. La loi prévoit un dispositif articulé autour de grands principes d’où découlera un arsenal de décrets d’application, 28 dispositions renvoient à des décrets à adopter en conseil des ministres une fois le projet de loi voté. Ce dernier vise à introduire une réforme de fond dans le système de financement de la santé en précisant les principes de base de la couverture des soins et en traçant une vision à long terme pour l’autorité de tutelle. Ainsi, la situation actuelle, caractérisée par la faiblesse des dépenses de soin, la charge excessive qu’elles représentent pour les ménages, et le coût élevé des prestations, sera dépassée.
Seulement, le projet est loin de faire l’unanimité. Hormis les critiques d’ordre électorale le projet ne résiste malheureusement pas à la critique objective. En attendant la liste des médicaments remboursables et celles des maladies exonérées de remboursement ainsi que leur taux de couverture, des évidences sont à rappeler. Des économies de l’ordre de 30 à 50 % peuvent êtres réalisées entre le médicament initial et son générique.
En ayant recours à ce type de médicament à hauteur de 40 % de ses acquisitions, l’Etat réalise déjà une économie non négligeable estimée à…260 millions de DH. Par conséquent, cette approche est certainement à optimiser surtout après l’application de l’AMO pour une meilleure couverture plus généralisée.

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