Événement : «Locomotive City» exposée aux Espagnols

Événement : «Locomotive City» exposée aux Espagnols

Baptisée «Locomotive City», l’offre du Maroc dans l’automobile sera présentée le 23 mars à la grande foire des fabricants autos à Tarragone. Les équipes du ministère de l’Industrie et du Commerce apportent actuellement les derniers réglages. Ce programme entre dans le volet exshoring, complément de l’offshoring dans le plan Emergence.
L’offre qui sera présentée à la Foire espagnole par SalahEddine Mezouar lui-même reprend en détail les pistes suggérées par le bureau d’études. En clair, il s’agit à l’instar des pays comme le Mexique de faire de l’industrie automobile-électronique un fer de lance de l’activité économique. Du côté des industriels marocains, la mobilisation est importante pour assister à cette foire. Des opérateurs, comme Renaul ainsi qu’une dizaine d’équipementiers, ouverts explique-t-on du côté de l’AMICA, «au partenariat», feront le déplacement. Avec l’exportation de la Logan, la Somaca connaîtra un essor important, souligne cet industriel pour qui le Maroc présente des avantages comparatifs meilleurs que la plupart des exportateurs espagnols. D’où le choix du ministère de l’Industrie de dévoiler pour la première fois son offre dans ce pays.
Hasard du calendrier sûrement, cette offensive marocaine en terre ibérique intervient, alors que le vent de la délocalisation souffle sur l’industrie automobile espagnole. Après la décision du fabricant de câblage espagnol Lear de s’implanter à Tanger, c’est aujourd’hui Delphi, basé à Cadix, avec 1500 emplois, qui envisage sérieusement de prendre le large. L’offre marocaine devra sur ce volet présenter plus d’avantages et de garanties que celle du Mexique, qui attire beaucoup de délocalisations d’entreprises espagnoles.
Le ministre du Commerce et de l’Industrie trouvera-t-il dans l’offre marocaine les réponses au diagnostic posé par le plan "Emergence", lequel avait conclu à des coûts de facteurs élevés pour le tissu industriel existant, à cause notamment d’un «coût de l’énergie fort élevé limitant le développement de plusieurs sous branches», d’une «logistique sur l’Europe sous optimale» et d’un «accès aux matières premières insuffisant ou limité par une protection douanière».
Bref, "Locomotive City" doit contribuer à tirer le secteur de l’automobile vers une meilleure intégration. Le Maroc entend se positionner et faire autant sur ce domaine que la Turquie et l’Europe de l’Est. Avec une centaine d’entreprises situées dans l’axe Casablanca-Rabat et de plus en plus à Tanger, l’industrie marocaine de l’automobile réalise la moitié de son chiffre d’affaires à l’exportation. Les faisceaux de câbles, 50% de l’activité, restent l’activité principale. Nul doute, l’expérience des "maquiladoras", ces industries de transformation orientées vers l’export, donnera une nouvelle envolée au secteur automobile marocain.

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